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L’école est finie (3)

17 novembre 2010

Nous avons, dans les deux précédents articles de cette série (ici et ) exposé combien nous semblait urgent un changement paradigmatique en terme d’éducation, ce qui nous a mené à esquisser des pistes pour y parvenir. Le moment est venu d’aborder la question importante de la formation de ceux qui seront les acteurs majeurs d’une éducation repensée.

J’ai coutume de dire que si on veut réduire une école à sa plus simple expression, à sa substantifique moelle, il vous reste un groupe de personnes désireuses d’apprendre, et un formateur prêt à les aider à y parvenir. C’est vieux comme le monde. Par conséquent, cela suppose que l’école peut en théorie s’affranchir de bien de ses contraintes actuelles, de ses enveloppes, barrières, personnels, instructions et programmes. Un pré devrait pouvoir faire l’affaire, et les personnes susdites (comptez toutefois sur un réseau Wifi parmi les pâquerettes…).

Au-delà de la provocation, cette métaphore permet de recentrer le débat. Apprendre, c’est l’affaire d’une rencontre. Entre des apprenants, d’abord, ce qu’il convient de rappeler ou simplement de dire. Mais aussi entre ceux-ci et un formateur. Ce n’est pas à priori l’affaire exclusive de l’école, ou d’une institution particulière. Ce n’est pas plus durant une étape donnée de la vie, mais au long de cette dernière, que le processus est actif. Il convient de ne réduire la chose ni à un lieu, ni à un moment. L’essentiel réside donc dans les individus et leur capacité à échanger, voilà pourquoi s’intéresser aux qualités du formateur importe.

Nous évoquions dans l’article précédent  les expériences de Sugata Mitra et de Joseph Jacotot. L’idée conjointe aux deux hommes par delà le temps (idée que nous partageons) est d’émanciper les enfants ou apprenants, et donc de libérer le processus d’apprentissage. On comprend leur idée : laissons les enfants s’approprier leur apprentissage et faire usage de leur intelligence pour mieux la développer. Remarquons d’ailleurs qu’à ce titre Mitra va plus loin avec son expérience du « trou dans le mur » , car son époque lui fournit l’instrument de l’émancipation : Internet. De plus, il insiste à juste titre sur l’importance du travail en groupe, et l’importance des interactions entre apprenants.

Pourtant, nos deux penseurs s’accordent aussi pour dire (du bout de la plume ou des lèvres) qu’aux côtés de l’élève émancipé, subissant une « invasion éducative minimale » (sic)  demeure la figure d’un formateur. Non pas un instructeur, un adepte du traditionnel jeu unilatéral des cerveaux communiquants ; mais pas plus (contrairement à ce qu’ils prétendent avec un soupçon de démagogie) une simple présence adulte visant au maintien de la concentration ou de l’ordre, sachant encourager l’apprenant, et dont l’unique compétence se résume à son attention bienveillante (nécessaire certes, mais pas suffisante).

Le maître de Jacotot, s’il est ignorant, pour reprendre les termes de Jaques Rancière , ne l’est pas des affaires pédagogiques et d’apprentissage, ne lui en déplaise. Et pas plus sans doute de ce que l’élève étudie. Même chose pour les grand-mères de l’expérience de Sugata Mitra (le « granny cloud »), qui pour être vraiment compétentes et utiles aux enfants doivent aussi savoir poser les bonnes questions. C’est donc aller un peu vite en besogne que de prétendre qu’il ne s’agit que de présences motivantes et rassurantes. Car ce sont aussi des spectateurs agissant, questionnant, et orientant, à dessein, à bon escient, au bon moment.

Or être en mesure de réaliser ceci requiert assurément des compétences, des savoirs et des techniques, et donc une formation.

Former des formateurs

Ainsi, s’il faut sans doute ouvrir l’école, lui contester son monopole éducatif, ne pas avoir peur de dépasser ce modèle et de prêcher le cas échéant pour une certaine déscolarisation comme nous le disions dans les articles précédents, cela ne signifie par pour autant qu’il soit souhaitable que les professeurs laissent les enfants tous seuls

Nous avons en fait un besoin impérieux de professeurs bien formés, compétents et efficaces, et ce constat est posé un peu partout, comme aux Etats-Unis en ce moment même, eux qui se préoccupent du niveau de leur éducation secondaire.  La qualité des enseignants est donc une clé, comme le rappelle ce manifeste signé par Joel Klein, Michelle Rhee et d’autres enseignants. Ils ont raison de le souligner. Il faut dépasser l’autodidactisme pour les professionnels de la formation, comme nous l’avons déjà dit précédemment.

Les mêmes préoccupations habitent de nombreux observateurs de la chose éducative en France, qui pointent du doigt le besoin pour l’Education nationale de faire de cette question une de ses priorités. Ils ont sans doute raison. Pas sûr pourtant que leur message ne passe aisément, car le débat peine à imposer sa légitimité.

Il est assez courant en France de vouloir forcer la réalité à se conformer à la théorie, à l’idéal. La lecture des programmes et instructions officielles en est une preuve fréquente. Lisez un programme et ses objectifs et demandez à un enseignant s’il correspond à ce qu’il est souhaitable de demander à un élève, et s’il est effectivement faisable, et vous comprendrez ce que je veux dire. Pourtant, les programmes évoluent peu. L’adaptation aux besoins réels des élèves est aisément perçue comme un abandon, une garde baissée face aux assauts de la médiocrité.

Mais il y a pire. La lecture des instructions officielles, en dit encore plus long sur ce décalage entre les attentes prétendues, officielles, fantasmées, et les résultats réels. Pour vous en convaincre, jetez un coup d’œil à cet arrêté , définissant les « compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation pour l’exercice de leur métier ». C’est édifiant, et si vous cherchez à trouver trace de tout ceci dans la réalité de l’exercice de la pratique enseignante, je demande à en être instruit.

On est en droit de se demander à quoi bon dresser une telle liste qui ne peut tout simplement constituer un objectif réalisable dans le cadre actuel de l’école, totalement inadapté, matériellement et logistiquement, et qui laisse peu ou prou au professeur autodidacte le soin de sa propre formation, seul dans son coin, livré à ses élèves ainsi qu’à lui même. Si les jeunes professeurs, qui cette année en France ne recevront aucune formation (et pas plus pour certains l’aide d’un tuteur) doivent se fixer cette liste pour objectif, je gage que nous pouvons nous attendre à quelques démissions d’ici peu…. Mais l’éducation nationale s’en préoccupe-t-elle vraiment ?

Tout y est pourtant, dans cette liste en forme d’inventaire à la Prévert des vertus et compétences du professeur modèle. Et ce qui surprend le plus, est que les enseignants français, ces surhommes à en juger par la liste, outre de nombreuses compétences morales et pédagogiques, doivent aussi parfaitement maîtriser Internet, et assurer grâce à lui une mise à jour constante de leurs compétences. C’est le point d’orgue de ce décret : « Le professeur fait preuve de curiosité intellectuelle et sait remettre son enseignement et ses méthodes en question. Il s’inscrit dans une logique de formation professionnelle tout au long de la vie, notamment via les réseaux numériques » .

Que voici un magnifique vœu pieux n’est-ce pas ? Car outre le fait que je gage que la majorité des enseignants ignorent même jusqu’à l’existence de ce texte, comment assurer que de tels objectifs, formidablement ambitieux, et pour valables qu’ils soient, puissent être atteints ? Comment les évaluer ? Quid de la formation continue (en particulier à la pédagogie et l’utilisation du Web 2.0) ? Quid du travail en équipe, ou en réseau ? Quid de la formation tout court des nouveaux professeurs ?

On le voit, le Ministère de l’éducation nationale est capable de constater l’existence de besoins, de penser des recommandations, de théoriser ce qu’il faut faire, mais pas de trouver le moyen de réaliser ses objectifs ! L’autodidactisme demeure donc une panacée (et les doigts croisés, une technique politique…). Peut-on toutefois s’y fier ? C’est un peu risqué selon moi…

Formation en réseau

Il est vrai pourtant qu’un formateur doit faire preuve de compétences nombreuses, maîtriser l’art de la question, savoir motiver constamment l’élève dans sa quête, attiser sa curiosité dans un environnement de confiance, mais aussi l’accompagner dans sa recherche. Il doit pouvoir aider les élèves à s’orienter dans le dédale des savoirs, à emprunter des ponts, tisser des liens, à fortiori quand les informations se présentent comme sur Internet, dans un foisonnement fertile mais aussi effrayant, car désordonné.

Et pour ce faire, le formateur doit en effet être au fait des techniques de recherche sur Internet, comme l’appelle opportunément de ses vœux Bill Gates. Mais il doit aussi avoir une connaissance disciplinaire (ce qui implique une connaissance large d’un champ du savoir, et non un cloisonnement par matière comme le rappelle ici Ken Robinson).

Car il faut pouvoir, au moyen d’un savant dosage entre intervention et effacement (ce dernier étant sans doute le plus important et le moins pratiqué), mieux orienter les élèves dans leur questionnement, et les aider judicieusement à se diriger vers les meilleures sources et appréhender les choses dans leur complexité. Il faut pour cela pouvoir élargir son horizon et avoir une nécessaire approche et vision pluridisciplinaire, être donc soi même habitué a créer des liens. Chaque formateur doit être capable de sortir de « son » champ, pour en approcher d’autres, fussent-ils bien gardés. Un professeur de Lettres devrait avoir des notions ajournées d’histoire, d’anthropologie, de droit, de philosophie, etc, comme un prof de sciences devrait avoir une vraie culture scientifique et donc des notions d’histoire des sciences, d’épistémologie ou de philosophie. Et cosi via.

Pourtant, ceci ne s’avère en rien suffisant. Car notre formateur est avant tout un spécialiste de l’apprentissage, et à ce titre il doit connaître les évolutions en matière de neuroscience cognitives, être au fait de la recherche en pédagogie, avoir des notions de psychologie…

On pourrait ajouter que les formateurs doivent aussi être exemplaires moralement. Dans le sens où dans l’acte d’apprendre il s’agit aussi d’apprendre à respecter l’acte l’apprentissage, en se respectant soit même et en respectant les autres, et que pour ceci on imagine mal quelqu’un ne faisant preuve d’aucune forme d’empathie parvenir à développer ceci chez un jeune élève, comme Barry Schwartz le rappelle ici, lui qui voit en cela le moyen de retrouver notre sagesse perdue.

Je ne viens pourtant pas de dresser le portrait d’un surhomme, mais d’un professionnel de l’apprentissage. Quelqu’un donc de formé à des techniques et à des savoirs, et dont on ne peut prétendre qu’il acquiert ses techniques tout seul. Quelqu’un qu’il convient d’intégrer à un réseau, impliquant et stimulant, constitué des autres formateurs et de leurs apprenants.

Les professeurs doivent mettre un terme à la pratique solitaire de l’exercice de l’instruction. Il faut donc les inviter à se remettre en question, et pour ceci il faut les motiver, et les associer à une pratique collective de leur profession, basé sur l’échange et le partage. Il faut les intégrer à des groupes de travail, de recherches ou d’échange de bonnes pratiques et savoirs-faire, les faire participer à des formations, leur permettre d’en animer certaines, le tout étant réalisé à cheval sur plusieurs équipes ou établissements, les amener à lire et participer à des blogs éducatifs et à des plateformes de réseau sociaux regroupant les formateurs et leurs élèves, etc.

Et ne comptons pas sur la seule bonne volonté pour cela, l’auto-organisation et sur la chance. Il faut que le système éducatif à de différents échelons, du ministère à la région jusqu’à l’établissement, organise, orchestre, suscite, ce travail en réseau. Et l’évalue.

Car la compétence ne se décrète pas. Elle s’apprend, elle se développe, elle s’entretient, elle se partage, elle s’évalue. Voilà ce qui doit être assuré.

Il faut se concentrer plus que jamais sur cet objectif, c’est de cela qui doit s’agir quand on parle formation des enseignants, et non de produire des circulaires en forme de déclaration d’intention. Et ainsi les choses pourront changer, car elles motiveront les personnels impliqués dans un projet stimulant, impliquant et innovant.

Un concours de recrutement ponctuel et basé sur des compétence disciplinaires ciblées ne peut donc en aucune façon être le moyen de recruter les formateurs dont nous avons besoin et encore moins de garantir leur compétence pour la carrière qui suit ! Il convient donc à minima d’envisager une formation universitaire solide, certes, et le niveau Master vers lequel on semble déplacer le curseur aujourd’hui est sans doute un bon niveau de compétence requis pour débuter. Mais encore faut-il s’entendre. Cette formation initiale ne saurait être toute entière tournée vers la qualification en terme de compétence de matière. Si Master il doit y avoir, il faut qu’il s’attache à donner au futur formateur les compétences requises à l’exercice de son métier, et donc qu’il aborde la pédagogie, les techniques d’apprentissage, l’utilisation d’Internet, la psychologie, les neuro-sciences cognitives, etc.

En outre, il convient d’ores et déjà de dire que cette formation initiale n’est pas suffisante, et qu’il faut l’envisager comme une première étape d’une formation tout au long de la vie concrètement organisée et structurée, impliquant tous les professionnels autour de réseaux d’échange et de partage de compétence et d’expérience.

Mais surtout, il faut rappeler à nouveau que tout ceci n’a de sens et d’avenir que dans le cadre d’une école ayant redéfini ses objectifs et donc ses modalités, comme nous l’avons évoqué dans la partie 1 de notre série. Car sinon, nous aurons des formateurs compétents certes, mais à l’étroit ou plutôt bloqués, entravés, dans un cadre inadapté et impropre à susciter l’innovation et l’anticipation des pratiques pédagogiques. Ceci ne saurait produire autre chose que de la frustration, et sans doute de l’échec, lamentablement, sans que rien ne change au final (c’est déjà ce que connaissent nombre de professeurs, prêts au changement, mais prisonnier dans le carcan de leur système éducatif).

Le formateur machine

Seulement voilà : au risque d’en décourager certains, ces formateurs humains, malgré toutes leurs compétences, ne peuvent plus être seuls à assurer la tâche de la formation.

Ils sont, et seront encore plus demain, assistés par des machines, voire à certains moments remplacés par elles. Il ne faut pas en avoir peur et il faut ouvrir les yeux sur cette évolution tendant à la venue d’un « Enseignement Assisté par Ordinateur » et s’y préparer.

Utiliser des ordinateurs peut nous aider à réduire la fracture entre les savoirs scolaires et les savoirs utiles au monde réel. Comme en mathématiques par exemple, ce que Conrad Wolfram nous explique sur TED, en montrant que les mathématiques telle qu’elles sont enseignées à l’école ne sont pas seulement fastidieuses, mais sont aussi décalées de ce que sont réellement les mathématiques. Voilà pourquoi il nous enjoint à enseigner les mathématiques à l’aide des ordinateurs, ces machines calculantes dont l’ubiquité est grandissante.

Les développements actuels de l’Internet nous invitent à aller dans ce sens. Man to machine et man avec machine a-t-on envie de rajouter, voilà l’avenir, surtout quand ces machines sont de plus en plus intelligentes. Les technologies cognitives appliquées aux ordinateurs s’inspirent du fonctionnement du cerveau et sont riches de promesses. On conçoit un ordinateur comme un cerveau, un système d’apprentissage. Ainsi, des ordinateurs très intelligents, apprenant, vont bientôt voir le jour.

Il ne s’agit pas ici d’anticiper (ou de fantasmer) sur la venue d’un homme-machine.   Mais plutôt de constater que l’homme et la machine peuvent faire très bon ménage en matière d’éducation.

Qu’arrivera-t-il quand l’humanité va se mettre massivement à travailler avec des machines, connectés par Internet comme c’est le cas avec le Web Semantique ? C’est ce que demande Tim Berners-Lee lui-même, ici.  Les humains contribuant par leur intelligence, et les machines par la leur, vont constituer une grande infrastructure, nouvelle. Comment l’école pourrait-elle échapper à cette entreprise ?

Car son résultat, c’est la création d’une intelligence collective. Et l’école est bien un lieu où elle doit éclore, où il faut préparer les futurs acteurs sociaux à savoir comment collaborer au mieux à l’entretien et la stimulation de l’intelligence collective. Et Internet est l’outil pour y parvenir, ce qu’évoque ici Thomas Malone qui anticipe la formation d’un cerveau global, composé des cerveaux organiques humains, collaborant à ceux des ordinateurs.

Il convient de partir de ce postulat, de l’assignation de cet objectif pour l’école, pour éviter tout malentendu : un système de formation stimulant l’intelligence collective. Car encore une fois, inutile de parler d’essayer de mieux former les futurs formateurs si c’est pour les intégrer à un système éducatif qui n’a pas fait sien cet objectif.

Teach it yourself ?

L’enseignement devrait être tout entier tourné vers l’anticipation. Comment se préparer au monde qui vient, au métier que nous allons faire (une majorité n’existant pas encore au moment où les élèves fréquentent l’école), aux problèmes économiques, politiques, sociaux, démographiques de demain ? Le problème de l’école est qu’elle évolue selon un rythme lent, d’autant plus lent qu’elle est articulée autour de structures comme l’éducation nationale. Or le temps de l’école n’est pas celui des sociétés actuelles. Temps linéaire, lent, contre temps exponentiel. Aussi la plupart des réformes furent-elles un rien ambitieuses, se sont-elles révélées caduques au moment même où elles ont été introduites.

La question est donc de savoir comment préparer des formateurs et le système éducatif dans lequel ils vont s’inscrire à s’adapter en permanence aux changements qui surviennent. Mieux, comment former des formateurs à même de susciter la capacité à anticiper. Voilà un vrai défi.

Voilà pourquoi il faut penser l’éducation affranchie des systèmes, comme de celui de l’éducation nationale en France par exemple. Car la pesanteur du système, sa rigidité intrinsèque, lui rend la tâche de l’adaptation aux réalités nouvelles et problèmes de chacun par nature très difficile. Les solutions systémiques sont souvent maladroites, ne créent pas le consensus et suscitent donc le rejet. Mal adaptées aux problèmes des formateurs comme des élèves, elles manquent la cible de la complexité de l’acte d’apprendre et peuvent difficilement contribuer à stimuler l’intelligence collective dont nous parlions plus haut.

Ne serait-il donc pas temps de libérer l’innovation et l’inventivité pour accoucher de modèles éducatifs nouveaux et pluriels, et de « réindividualiser » l’éducation ? Laissons aux individus, aux formateurs comme aux apprenants, la tâche d’inventer de nouvelles structures de formation, le soin donc de se réapproprier l’éducation, dans et hors de l’école, car l’école n’est plus le temple exclusif du savoir ni des savoirs faire. Les savoirs essentiels sont hors de l’école comme le dit André Giordan dans le Café pédagogique . Et ils sont de plus pour l’essentiel accessibles librement sur Internet, et cette réalité va aller croissante. C’est donc apprendre à les trouver, à les analyser, les traiter, les confronter, les utiliser, qu’il convient de s’atteler.

Or chacun ayant son rythme, ses spécificités intellectuelles, sa mémoire, son âge, sa maturité, ses intérêts, ses objectifs, etc., comment pouvoir prétendre favoriser la formation de chacun si l’éducation est conçue comme un modèle indépassable et national, formaté plus que formateur, imposant à chaque élève le besoin impérieux de se conformer aux exigences du système tant dans ses thèmes que son rythme ? Pourquoi l’école, dans sa forme unique, dans ses attentes uniques, serait la panacée en terme de formation ? Pourvu que la rencontre se fasse entre apprenant et formateur compétent, pourvu que l’acte d’apprendre se fasse en réseau, ouvrant au partage des connaissances et des expériences, pourvu qu’une autonomie soit accordée à chacun en terme de stratégie d’apprentissage comme d’évaluation, il y aura acte de formation. Qu’on se charge de trouver le cadre de cette formation et les moyens idoines. Qu’on en libère et facilite la recherche. Que risque-t-on ? Je gage que les résultats seront bien supérieurs qualitativement et quantitativement à ceux de la formation publique traditionnelle. J’en fais le pari.

L’école est donc finie, car elle n’est plus adaptée à nos besoins. Il est urgent de libérer l’éducation publique, pour sa propre survie, pour qu’elle puisse continuer à garantir à chacun le droit à sa propre éducation. Elle doit donc se décentraliser, briser son monopole, s’atomiser en autant de projet éducatifs publics, libérer les énergies et les initiatives, redonner aux individus la liberté de trouver les stratégies les plus à même de satisfaire au besoin du développement de leur intelligence, dans des écoles publiques de leur choix, ou hors des écoles, en ayant recours pourquoi pas à des formateurs indépendants avec une aide financière publique.

Il ne s’agit pas d’une menace, mais bien d’une chance, que les éducations nationales doivent saisir au plus vite en donnant à ceux qui s’offriront de le faire, le choix de proposer des solutions innovantes et de répondre aux différents besoins et exigences de chacun.

"In large states public education will always be mediocre, for the same reason that in large kitchens the cooking is usually bad. "

Friedrich Nietzsche

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