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Tablettes, WiFi et tricherie

22 mars 2011

L’usage des tablettes en même temps que le déploiement de réseaux wifi de grande étendue devrait modifier sérieusement notre conception de l’examen.

C’était au Japon avant les terribles évènements qui endeuillent ce pays. Le quotidien Asahi Shimbun du 4 mars 2011 reportait l’arrestation par la police d’un jeune homme de 19 ans accusé d’avoir triché à l’examen d‘entrée à l’Université. Il avait posté, à l’aide de son téléphone portable, quelques unes des questions de l’examen sur Yahoo Chiebukuro (Yahoo Questions Réponses en français) pendant la session.

Dans les années qui viennent il est probable que des réseaux wifi couvriront des espaces de plus en plus vastes, des villes, des campus :

"A whole city can provide WiFi connectivity by deploying routers at specific rang to access the internet. It seems unbelievable and even inapplicable in the beginning but now in European countries some of the cities are wholly WiFi.

It is now also a very common application of WiFi that a whole campus is having a single access point at a certain height and all of the student can take benefits from it. For this they have to pay a monthly fee through their monthly fee-bill.

WiFi is not limited to private users or small-business communities. Its future is predictable as WiFi is applicable in a versatile modes and profitable ways. Everyone whether starting a home-based business or a world-wide mobile business is heading for the WiFi technology to prosper their business"

FreeWi MAXinfo

On peut donc penser qu’il sera possible de se connecter à internet dans n’importe quel établissement scolaire.
Parallèlement les tablettes semblent promises à un brillant avenir. Pour certains elles pourraient être, pour les lettres et les sciences humaines, ce que la calculatrice fut pour les mathématiques.
Or qu’ont changé les calculatrices ? Les jeunes savent moins bien calculer semble-t-il, cependant les bacheliers font des calculs beaucoup plus complexes que leurs aînés. Le temps passé aux opérations étant plus court on peut traiter des questions plus difficiles et plus complexes.

En ira-t-il de même pour les tablettes ? En permettant d’interroger internet en classe elles autoriseront les élèves à chercher directement les informations dont ils ont besoin sur le réseau. Moyennant quoi ils fourniront moins d’efforts de mémoire inutiles et pourront se concentrer sur la réflexion.

Est-ce la fin de l’apprentissage des connaissances ? Non, évidemment. La recherche d’informations sur le net en demande de préalables et en grand nombre. Cela demande aussi une représentation assez claire de l’étendue et de l’organisation des connaissances humaines. Et enfin ils devront disposer d’un vocabulaire solide.

C’est donc leur capacité au raisonnement plus que leur mémoire qui sera évaluée, il sera possible de leur poser des questions sur des sujets qui n’auront pas été traités en classe – c’est la notion même de programme en tant qu’ensemble de contenus qui devient dépassée – et, bien sûr, de vérifier leur habileté à se servir d’internet.

Ce qui pointe là ce n’est ni la fin de la mémoire en tant qu’outil, ni celle de la culture. Parlons plutôt d’adaptation de l’enseignement à une nouvelle organisation du savoir, à de nouveaux outils d’accès aux connaissances.

De plus si vous faites le bilan de ces choses qui encombrent votre mémoire, que vous trainez depuis le collège et qui ne vous ont jamais été de la plus petite utilité, même pour briller en société étant donné que tout le monde apprend plus ou moins les mêmes choses, vous aurez une première idée de votre excédent pondéral culturel. Ce n’est pas non plus comme si nous disposions d’une capacité illimitée de mémorisation.

Parmi les victimes probables il faudra probablement compter les disciplines scolaires, les programmes et les examens sous la forme où nous les connaissons. Evidemment, il est toujours possible de refuser cette évolution, de maintenir les examens dans leur forme traditionnelle, de bloquer les réseaux wifi ou d’interdire les tablettes en période d’examen et de tenir coûte que coûte la barre d’une certaine conception de l’école,… jusqu’à ce que la réalité l’engloutisse…

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  1. clerouque permalink
    27 mars 2011 09:44

    Bonne réflexion que je partage de plus en plus. D’illeurs, j’ai constaté en conseil de calsse que nos élèves étaient meilleurs en technologe où le collègue leur demande un travail collaboratif et imaginatif que dans les matières traditionnelles nécessitant un apprentissage astreignant et des exercices de rédaction classiques. Il va falloir repenser nos manières de travailler mais aussi le coût… et là, il va y avoir un os !

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