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En attendant Steve Jobs

29 mars 2011

Les PC dominaient le marché depuis des années et personne ne remettait vraiment cette situation en cause. De rares expériences de tablettes s’étant terminées dans  de redoutables échecs commerciaux, on n’y pensait plus et le notebook faisait sa place doucement, sans remettre fondamentalement en cause l’hégémonie du PC. Jobs revient chez une Apple à bout de souffle, lui redonne l’esprit des temps héroïques.  Sortent alors  en quelques années une gamme de produits de plus en plus novateurs : iPod, iPhone et finalement iPad. Ce dernier surtout qui transforme en triomphe une  tablette que l’on pensait défunte ; contre l’avis des spécialistes, les études de marché et le supposé goût du public.

Comme le dit Jobs lui-même : “Ce n’est pas le travail du consommateur de savoir ce dont il a envie”

Aux Etats-Unis Bill Gates donne beaucoup de son temps et de son argent pour aider à l’amélioration de l’éducation. Pour l’instant ses efforts portent surtout sur l’efficacité de ce qui existe. On pourrait peut-être aussi essayer la méthode Jobs?

Partout à travers le monde les écoles offrent le même produit plus ou moins issu de l’école moderne telle qu’elle est apparue au XIXe siècle en Europe et en Amérique du Nord. Ce modèle standard propose un établissement scolaire où se réunissent élèves et enseignants, des classes entre lesquelles sont répartis les jeunes en fonction de leur âge et enfin des salles où l’adulte dispense un savoir inscrit dans le cadre de disciplines aux frontières nettes et suit des programmes établis par les gouvernements. Les élèves sont évalués individuellement à travers des productions le plus souvent écrites et passent des examens qui conditionnent leur accès à un niveau supérieur d’enseignement ou attestent de leurs acquis scolaires. Structures, cloisons et rigidité.

Le produit semble satisfaire tout le monde, même si rode en arrière-plan le sentiment que l’on pourrait faire mieux. Dans un contexte de crise économique et de restrictions budgétaires les propositions  alternatives prennent vite l’aspect d’un délire futuriste. Ce qu’on demande pour l’instant aux enseignants c’est surtout de faire la même chose en mieux et pour moins cher. Tout le monde voit bien que les technologies de l’information et de la communication ont à voir avec l’apprentissage, mais faute d’être en mesure de renouveler vraiment le modèle nous nous contentons d’essayer de les intégrer sans les laisser remettre en cause la pédagogie. On peut bien sûr espérer que la quantité croissante de nouveautés à absorber finisse par entraîner un changement qualitatif, l’émergence d’un nouveau modèle.

On peut aussi, pourquoi pas,  imaginer qu’un homme, un groupe, un organisme, une entreprise, un Etat, … élabore soudain une école nouvelle, inspirée du Web, sollicitant l’innovation au lieu de s’évertuer à y résister, capable de séduire les élèves et leurs parents, de former des citoyens mais aussi des acteurs économiques, un type de formation auquel personne n’a pensé, dont on ne se savait pas avoir besoin et qui résout soudain une bonne part des problèmes qui s’amoncelaient.

A ce stade je ne suis par sûr qu’un Steve Jobs suffira.

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2 Commentaires leave one →
  1. 30 mars 2011 16:56

    Certains proposent déjà des esquisses de réponse : http://klewel.com/conferences/lift11/index.php?talkID=47

  2. jp.jacquel permalien*
    31 mars 2011 10:24

    Merci pour le lien, vraiment très intéressant.

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