Le Rapport Fourgous

Réussir l’école  numérique : ce rapport rédigé à la demande du ministre de l’éducation nationale française prend acte du retard de la France en matière de culture numérique. Il propose 70 mesures, numérotées M1 à M70, susceptibles d’améliorer cette situation. Ce rapport est passionnant et stimulant. L’analyse des circonstances sociales, de l’environnement technologiques et de l’impact économique me semble très convaincante. Les mesures proposées m’ont parut exhaustives et visent à mettre en place un cercle vertueux. Les références biblio et webographiques sont de qualités. Evidemment certains points laissent un poil sceptique et quelque peu rêveur.
Tout le monde, ou presque, a signalé la contradiction entre le coût élevé des mesures préconisées et la politique de restriction budgétaire en cours. Contradiction d’autant plus frappante que le rapport fait la part belle à la formation et à l’accompagnement des personnels, poste qui a subi les coupes les plus sombres depuis des années. Il est un peu ironique de voir le texte suggérer la mise en place d’équipes d’enseignants totalement ou partiellement détachés (M6 et M7) alors que la plupart des rectorats viennent de mettre un terme à l’existence de celles qui existaient déjà.

En second lieu si l’accélération des moyens technologiques et de leur utilisation sociale et économique est signalée on n’a pas le sentiment que toutes les conséquences en soient tirées. Au long de la lecture l’impression vient que la révolution numérique est, certes, en cours mais que la situation va peu à peu se calmer et qu’il est donc temps d’équiper et former pour l’affronter. Une fois la machine en marche on pourra se reposer sur un personnel formé, des structures ad hoc et un équipement suffisant. La mesure 31, par exemple reflète, de manière anecdotique, cet état d’esprit. Je cite : « Mettre en place dans le primaire des postes de travail « luditic » pour un apprentissage ludique du clavier afin de favoriser la prise en main des outils numériques par les plus jeunes ». Le problème c’est qu’au train où vont les choses le clavier n’a plus que quelques années devant lui. Il y a peu de chance que les élèves qui entrent aujourd’hui au collège s’en servent comme interface dans leur vie adulte. C’est peu de choses, je vous l’accorde.

La référence à Celestin Freinet m’a fait un plaisir extrême. Plus que de citation on peut parler d’hommage dans la mesure où le rapport admet que le pédagogue et ses successeurs ont accompli un effort surhumain en tentant de mettre en place une pédagogie active dans des classes surpeuplées (p. 233). Cependant un peu plus bas on lit que les TICE « sont particulièrement appropriées » à ces pédagogies. Je trouve et le ton et la perspective modestes. En fait elles sont infiniment mieux adaptées à la maitrise du web 2.0 que celles qui sont utilisées dans nos lycées et collèges. Un des grands mérites de ce rapport est de le montrer. En tire-t-il toutes les conclusions? Voit-on que, parce qu’elles visent à rendre l’élève autonome, parce qu’elles l’incitent à découvrir plus qu’à se souvenir elles sont plus que d’autres aptes à le préparer à un monde dont nos ne pouvons savoir à quoi il ressemblera? Le rapport préconise-t-il plus des outils légers, mobiles et conçus pour l’échange et le partage?  Et bien, … pas vraiment.
Un exemple : part belle est faite au Tableau Numérique Interactif. C’est effectivement un outil remarquable et il permet, après un court apprentissage, de mieux animer la classe et de soutenir l’attention des élèves. (voir la citation de Jean Heutte p.222). Cependant le tableau reste un outil d’appui du discours professoral et quand il demande une maîtrise technique il se place encore plus hors de portée de l’élève . Wiki, réseaux sociaux, tablettes numériques et iPod sont présents en de nombreux endroits mais n’apparaissent pas ou peu (le wiki une fois : M26) dans les 70 propositions. La parole du professeur reste donc bien le lieu central de l’enseignement, l’équipement reste un appui de la parole professoral, pas un instrument de conquête de l’autonomie.
Concluons sur une grande absente : la formation des nouveaux enseignants. Les concours de recrutement devront contrôler la connaissance des technologies de l’information que possède le futur professeur (M4), et cette connaissance fera partie de leur formation (M5). Voilà pour l’aspect technologique. Qu’en est-il de l’aptitude du futur enseignant à enseigner selon les principes que propose le rapport ? Les pédagogies actives demandent des compétences qui ne relèvent pas uniquement de la connaissance, même approfondie, d’une discipline.  Je peux facilement imaginer que la future épreuve orale du concours de recrutement des enseignants fasse une large place aux pédagogies actives (cf  p.4 de la circulaire). Mais pour le reste on se maintient dans l’optique d’une maitrise des connaissances plus que leur mode de transmission (2 épreuves sur 4). Quand à l’agrégation il n’est pas question de la modifier. J’ai le vague sentiment qu’il y a là comme un soupçon de contradiction. La connaissance des technologies de l’information et d’un contenu disciplinaire ne fait pas forcément le pédagogue constructiviste. Si vous avez suivi un stage d’informatique vous devez voir ce dont je parle. La formation continue se chargerait de ce nécessaire travail ? Economiquement le modèle est discutable. A cet endroit on comprend mal les réticences de certains enseignants à défaut de les partager. L’équipement est l’appui du travail traditionnel d’un enseignant que sa formation conforte dans son rôle de dispensateur du savoir.

Les mesures suggérées visent finalement à greffer une technologie et des modes de communication nouveaux sur une structure qui n’est absolument pas adaptée. On ouvre la piste du renouvellement des méthodes pédagogiques mais dans les mesures suggérées rien ne les promeut véritablement. Rien dans l’ Éducation nationale ne nous prépare à enseigner sur un mode web 2.0 ; peu de structures semblent plus éloignées qu’elle de l’intelligence collective telle que la pense Pierre Lévy (p.29). Je ne souhaite pas faire le procès de l’institution et faire peser je ne sais quelle faute sur l’Inspection générale, la Société des agrégés ou feu les IUFM. Mais en ne voyant pas comment c’est toute une tradition, une culture qui se trouve désemparée face à l’émergence des nouveaux modes de communication M. Fourgous passe, à mon sens, à côté d’un point essentiel.

Si le ministère envisage de réaliser les objectifs du rapport nous assisterons au déploiement habituel de mesures orchestrées d’abord depuis Paris, puis dans les académies et enfin dans les établissements. Une nouvelle réforme descendra les échelons de la pyramide hiérarchique pour arriver dans le casier de l’enseignant qui aura la tentation de rejeter toutes ces innovations suspectes venues de gens ignorant du terrain. Il ne les refusera pas mais trainera les pieds en attendant que cela passe. Des équipement seront déployés à grands frais qui dans la plus grande partie des cas seront utilisés au service de la pédagogie la plus traditionnelle. Ce ne sera pas la première fois.

Je voudrai donc, très modestement, proposer à M. Fourgous deux autres mesures :
M 71 : mettre en place un réseau d’établissements, pourvu d’une coordination horizontale. Ces établissements indépendants dans le cadre d’un cahier des charges impératif mais limité, recruteront les enseignants sur la base de leurs compétences disciplinaires et – surtout – pédagogiques. On disposera ainsi d’une structure souple qui, non seulement sera adaptable, mais mieux encore, sera susceptible en innovant dans divers directions de maintenir sa capacité d’adaptation.
M 72 : engager doucement mais fermement la déconstruction de la structure Éducation nationale qui n’a certes pas démérité mais n’est plus adaptée à la société de savoir.

J’espère que l’on ne m’en voudra pas de conclure ce billet – beaucoup trop long ! – par une citation peu laïque

« Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; sinon le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres ; mais à vin nouveau outres neuves
Marc 2 21-22

P.S. : Un rapport identique, au moins dans ses préoccupations, vient de paraître aux Etats-Unis. Vous le trouverez ici

9 réflexions sur “Le Rapport Fourgous

  1. Bonjour,

    Comme vous avez pris la peine de me citer dans votre texte, je me permets de compléter la référence exacte de cet article évoqué le rapport Fourgous car il a été écrit avec mon collègue Frédéric Tempez :

    Heutte J. & Tempez F. (2008) – Quand une technologie rassurante renforce le sentiment d’efficacité personnelle et le plaisir d’enseigner. Les TICE au service des élèves du primaire, les dossiers de l’ingénierie éducative, hors série décembre 2008
    http://jean.heutte.free.fr/spip.php?article4

    Je tiens aussi à préciser que dans cet article nous prenons beaucoup de distance par rapport aux prétendus « effets magiques » du TNI…

    Extrait :
    […]
    <>

    […]

    Je tiens aussi à préciser que dans un autre de mes articles, j’avais eu l’occasion de préciser les limites des discours favorisant l’amalgame « nouvelles » technologies = « nouvelles » pédagogies

    <>

    Heutte J. (2008) Influence de l’habituation à l’usage de l’outil informatique sur l’apprentissage et les résultats scolaires d’élèves du cycles 3 de l’école primaire, SPIRAL-e – Revue de Recherches en Éducation – 2008, Supplément électronique au N° 41.

    Tous ces articles ainsi que d’autres éléments précisant mes points de vues sont accessibles en ligne sur mon « bac à sable »…

    Bien cordialement
    Jean HEUTTE
    http://jean.heutte.free.fr

    • Merci beaucoup pour votre mise au point.
      Votre article « Propositions pour l’intégration pragmatique et incrémentale des technologies numériques dans un processus d’apprentissage centré sur l’apprenant », entre autres, nous a beaucoup intéressé dans la mesure où il répond à nos interrogations du moment, celles qui a nos yeux ont justifié la création de ce blog.
      Dans les limites de la position que j’occupe, celle d’un enseignant ne disposant comme terrain d’observation que d’un seul établissement scolaire, votre observation : « il semble acquis qu’il n’existe aucun déterminisme pédagogique des TIC » est parfaitement corroboré par un constat quotidien. Vous en concluez, si j’ai bien compris, qu’il faut rassurer les enseignants par une formation adaptée et par une dotation en équipements qui rendent leur pratique quotidienne plus confortable et plus rassurante. Il est facile, en effet, de constater qu’un enseignant confronté à l’usage d’une technologie de communication qu’il ne maîtrise pas techniquement et qui marginalise son discours professoral entraine fréquemment l’adoption d’une prise de parole magistrale pour compenser les effets dévalorisants (réels ou imaginaires) de cette technologie sur l’exercice de l’enseignement. Il me semble que c’est ce qui a été observé avec le magnétoscope. Le confirmez-vous?
      Cependant ce qui me paraît aujourd’hui être le coeur du problème se situe moins dans le domaine de la maîtrise de l’objet et de son fonctionnement que dans les usages sociaux qui en sont faits. Les conversations de salle des professeurs révèlent souvent une vision très inquiète d’un « univers virtuel »
      opaque aux yeux des adultes et où les adolescent perdraient contact avec le réel et seraient les proies faciles de prédateurs sociaux. Facebook, typiquement, est l’archétype de ces « zones à risques ». Pourtant si certains faits confirment ce sentiment ils sont, au regard de l’importance quantitative des échanges, loin d’être statistiquement significatifs. Mon point de vue est-il exagéré ? sont-ce mes collègues qui sont particulièrement sensibles à cette question ? Cela dit il me semble que si effectivement l’outil ne détermine pas la pratique pédagogique, une plus grande sensibilité aux usages sociaux de ce même outil ne peut pas ne pas avoir un impact sur la façon d’enseigner.

  2. Notre perspective est volontairement axé sur les utilisations pédagogiques des TIC, il était donc peu probable que nous envisagions le point de vue économique. Vous le faites dans votre billet http://bit.ly/aYABWD et je suis d’accord avec beaucoup des arguments que vous avancez.
    La dimension économique est cependant incontournable. Il faudra équiper les établissements scolaires et, donc, faire appel à des entreprises. Que le rapport choisisse certaines technologies plutôt que d’autres m’a semblé plus du à un manque d’imagination qu’à autre chose. A moins qu’il ne s’agisse du très classique esprit de sérieux. Un texte allant assez loin dans la prospective aurait ressemblé à un roman de science-fiction, un homme politique sérieux n’écrit pas de science-fiction.
    Par contre je trouve que vous réduisez beaucoup la portée du rapport sur le plan pédagogique. Je comprend que la lecture vous en laissé une certaine mauvaise humeur, je sympathise très largement, il m’est tombé des mains à plusieurs reprises. C’est le style des rapports officiels et j’en ai lu de pires.
    Ce qui m’a semblé vraiment intéressant c’est qu’il y est dit en clair : « vous ne pouvez pas continuez d’enseigner comme ça ! » C’est cet aspect là qui fait que je ne suis pas aussi radical dans la condamnation que vous l’êtes, c’est cet aspect là aussi qui fait que ce rapport ne connaîtra probablement jamais d’autres réalisations que l’achat massif de matériel pédagogique sans que l’essentiel soit vraiment abordé.

  3. Je parle du côté économique parce qu’il me semble être le « principe » de ce rapport (et au-delà du style, qui permet effectivement une critique facile, il y a quand même le contenu que je trouve incroyablement pauvre – ennuyeux et sérieux sont deux choses différentes).

    « Vous ne pouvez pas continuer d’enseigner comme ça » – C’est probable, mais c’est le problème de l’école dans son ensemble, pas forcément des TICE à l’école. Parmi le 1/3 d’enseignants dont je parle qui sont réfractaires, il y a plein d’excellents professeurs et j’ai une certaine tendresse pour eux, tellement il devient difficile d’affirmer aujourd’hui que « je m’en sors très bien sans les TICE dans ma classe ».

    Il faut se méfier aussi des TICE présentés comme LA SOLUTION au problème scolaire. A un moment où l’école est niée (dans les faits) et glorifiée (dans les discours), les TICE deviennent la vitrine commode qu’on affiche pour illustrer le discours. C’est une sorte d’alibi qu’on affiche, pour masquer l’absence de politique scolaire (http://www.speechi.net/fr/index.php/2008/09/09/des-tice-vues-comme-symptome-de-la-perte-du-capital-scolaire/)

  4. Les TICE ne sont pas la solution, ils sont une aggravation du problème. Parce qu’ils permettent de modifier nos rapports à la connaissance, parce que le web 2.0 nous propose d’autres manières de travailler, parce qu’il faut préparer les jeunes à un environnement différent, … l’enseignement doit changer. Les TICE nous mettent sur un plateau la possibilité d’une pédagogie constructiviste, centrée sur l’apprenant et modulable.
    Nous devons enseigner différemment parce que nos élèves doivent être préparés à un environnement social, politique, culturel, économique différent et qui sera beaucoup plus exigeant en terme d’intelligence.
    Le piège que vous dénoncez est tout à fait réél : j’équipe ma classe, mon école, mon lycée, mon éducation nationale parce que ça fait chic mais je continue à pratiquer les bonnes vieilles méthodes d’enseignement et de gestion. Je crois que cette situation que l’on a connu, par exemple, avec la vidéo ne pourra pas se reproduire dans le cas des TICE parce qu’elles engagent l’ensemble de la collectivité dans un changement profond et radical.

  5. Bonjour,
    En guise de réponse qui je l’espère ne paraîtra pas trop dogmatique, je me recite : « La présence de l’ordinateur dans des activités de classe ne permet pas systématiquement d’affirmer qu’il y a innovation (de la part de l’enseignant), ou apprentissage (de la part de l’élève) : l’agitation du mulot n’est pas nécessairement la marque de l’agitation du bocal (de l’enseignant, comme de l’élève). Si les Technologies de l’Information et de la Communication ne sont a priori pas intrinsèquement porteuses de nouvelles conceptions pédagogiques, elles en renforcent les effets (positifs ou négatifs) sur l’apprentissage. Sans en être la cause, elles rendent les inégalités intellectuelles encore plus visibles et aggravent leurs conséquences.
    […]
    Si nous n’y prêtons garde, la banalisation de l’usage des hyperdocuments permettra surtout aux bons élèves (surtout à tous ceux qui réussissent malgré l’école) d’avoir encore moins besoin de l’école pour réussir. Compagnons hussards de la République, il va falloir retrousser nos manches : pour la majorité des élèves et surtout ceux qui sont en grande difficulté, la démocratisation de l’accès au savoir ne pourra malheureusement pas se résumer à « les cogner contre un écran d’ordinateur »…
    Voilà près de vingt ans que nous nous dispersons dans un bricolage amateur sans réelle validité scientifique, entre la naïveté béate de « spécialistes en informatique » (plus souvent formateurs de disquettes que formateurs d’enseignants) et l’obscurantisme rétrograde de « défenseurs du savoir » (persuadés qu’il ne faut surtout pas s’encombrer d’un écran pour apprendre). Si l’ignorance de l’impact des TIC dans la remise en question de l’école constitue une forme de cécité irresponsable sur le plan professionnel, il ne faut pas imaginer que nous puissions leur trouver une juste place sans la prise en compte de la complexité de l’apprentissage ». »

    Ça aura bientôt 10 ans…
    Mis à part le fait que depuis je me suis un peu assagi au niveau du style, sur le fond, mes différents travaux me confortent bien sur la même prise de conscience de Robert Bibeau qui à l’époque disait déjà (de mémoire) « si nous n’y prêtons garde, les technologies ne permettront juste de faire plus vite ce qui a déjà fait la preuve de son inefficacité »

    Donc effectivement rien de magique…
    Sauf que ne pas les utiliser pour un enseignant est par certains égard difficilement justifiable…
    … même si je comprends que la première fois qu’on doit faire le saut à l’élastique on doit avoir un grand moment de solitude, seul au bord du parapet : un peu comme de nombreux collègues qui se demande bien « par quel bout » il vont commencer car sans formation ou sans accompagnement il est destabilisant de devoir réinventer son métier tout seul.

    Heutte J. (2002) – Démocratisation de l’accès au savoir et cybercitoyenneté : Redéfinir la place des hussards de la république pour réussir l’entrée de l’École dans la société de l’information, Le moniteur 92, bulletin du Centre Départemental de Documentation Pédagogique des Hauts-de-Seine.
    http://jean.heutte.free.fr/

  6. Dans mon empressement, j’ai un peu mangé les touches de mon clavier…
    … désolé

    En fait il fallait lire :

    […] sur le fond, mes différents travaux me confortent bien sur la même prise de conscience que Robert Bibeau qui à l’époque disait déjà (de mémoire) « si nous n’y prêtons garde, les technologies ne permettront juste de faire plus vite ce qui a déjà fait la preuve de son inefficacité en matière d’apprentissage »

  7. J’ai souri à votre évocation du saut à l’élastique qui m’a rappelé quelques épisodes un peu traumatisants de mes débuts de carrière comme enseignant.
    La question des technologies de l’information à l’école n’est qu’une partie d’un phénomène beaucoup plus vaste et dont beaucoup de gens qu’il a d’ores et déjà des retombées majeures., une question qui « agite le bocal »🙂 d’à peu près tout le monde. La seule spécificité de l’école dans l’affaire c’est qu’elle a un rôle à jouer dans la préparation du futur et que, pour de multiples raisons, elle est ancrée dans le passé. Mais il me semble que le problème n’est plus seulement technologique, n’y a-t-il pas aussi quelque chose de neuf dans ce savoir que nous devons transmettre qui questionne la manière dont on doit ou peut le transmettre.
    Mon sentiment, pour faire bref, c’est que les pédagogies de type constructivistes sont, non seulement, plus adaptées à cet environnement mais aussi que les TIC leur donnent un potentiel d’efficacité beaucoup plus élevé. Je crois que c’est là, et là seulement, que la technologie à quelque chose à apporter. Sinon votre citation de Robert Bibeau est remarquablement pertinente.
    Il y a quelques années j’ai participé au lancement des TPE, aussi bien au niveau de mon établissement qu’à celui du Rectorat. Une des choses qui nous avait semblé intéressante à l’époque était le type d’élève qui s’en sortait le mieux. Ni les bons, ceux, jusque là reconnus par leurs enseignants, ni, hélas, les plus en difficulté. Mais une catégorie d’adolescents curieux et susceptibles d’initiative mais un peu assoupis en cours. N’est-ce pas un peu aussi ceux que l’on retrouve mobilisé par les TIC et qui, si on leur laisse un peu de liberté, sont susceptibles de nous étonner par leurs compétences. J’ai, là aussi, quelques souvenirs marquants. Il ne s’agit que d’une impression au niveau local mais,qui si elle a été constatée à un niveau plus global, pourrait mettre en évidence le potentiel d’une pédagogie susceptible avec l’appui des TIC de libérer la créativité des élèves et pas seulement en cours d’art ou de musique.
    Enfin, et pour revenir un instant sur le saut à l’élastique, je crois que vous mettez là le doigt sur un aspect fondamental de la question. La solitude du prof dans son espace réservé, la difficulté qu’il peut avoir à avouer une potentielle incompétence, le fait que, seul son cercle d’amis de la salle des profs (qui ressemble parfois pathétiquement à un cercle d’amis sur Facebook) est susceptible de l’aider, l’absence complète de l’habitude de travailler en équipe – je veux dire une équipe qui ne repose pas uniquement sur des affinités – représente probablement un vrai handicap. Il me semble que la formation des enseignants ne réserve pas à cet aspect de la profession une attention suffisante.
    Quoiqu’il en soit, merci encore pour les éléments de réflexion que vous nous avez apporté.

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