Einstein : séquence jeu

L’art de l’aphorisme est un exercice délicat, très insuffisant pour exprimer la pensée diront immédiatement certains, car trop réducteur. En effet c’est court, par principe. Mais c’est aussi une sorte de condensé stimulant intellectuellement, et puis cela nous fait sourire le plus souvent, ce qui n’est pas négligeable. Le revers de la médaille est qu’il offre aussi l’occasion de vernir la pensée blafarde de certains salonnards bombeurs de torse. Il se fait alors lieu commun, formule déclamatoire, ce qui l’éloigne de sa vraie nature.

J’apprécie quant à moi sa qualité d’aiguillon, ou de lièvre, pour une pensée en mouvement. Le style a son importance certes, mais pour mieux servir le sens.

En bref, c’est bon pour la tête, c’est souvent un excellent outil pédagogique, et c’est le plus souvent un bon point de départ pour une discussion plus approfondie.

Certains auteurs s’en sont fait une spécialité, en tout cas c’est ainsi qu’on les perçoit, et sont très fréquemment cités, parfois à propos, parfois mal, et parfois même à tort. En effet certains d’entre eux sont si fréquemment cités qu’on leur attribue beaucoup de ces courtes phrases qu’ils n’ont jamais pourtant prononcées. Mais leur style, leur caractère provocateur, la vivacité de leur esprit conjugué à la fréquence de leurs prises de parole, leur visibilité ou leur respectabilité, font qu’ils deviennent auteurs malgré eux, tribuns serviteurs de formules anonymes et de propos en mal de paternité.

Albert Einstein fait très certainement partie de ces hommes brillants, provocateurs, à la parole libre et libérée, et nombreuses sont ses citations, en particulier à propos d’éducation. Ce génie s’est toujours préoccupé d’enseignement, pas nécessairement d’ailleurs parce qu’il aurait lui-même eu des troubles d’apprentissage du fait de sa dyslexie. Cela resterait à prouver. Sans doute plutôt parce qu’il était en rupture vis-à-vis d’une méthode d’enseignement par trop basée sur le langage, la reproduction, ou la discipline et dans laquelle il ne se retrouvait pas et qu’il dénonça. Il réfléchit beaucoup aux questions d’intelligence, d’éveil de l’esprit, et donc à l’école supposée y contribuer…

Voilà pourquoi j’aimerais aujourd’hui vous livrer quelques unes de ses réflexions, sans que je puisse donc vous garantir qu’il en fut vraiment l’auteur… Qu’importe ! Elles sont tout autant évocatrices et stimulantes, et j’espère qu’elles sauront aiguiller votre esprit et susciter vos réactions. Choisissez donc votre préférée et expliquez votre choix ! ( English is most welcome )

C’est en français et en anglais, pour varier un brin et complaire à notre public polyglotte :

En français :

« Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement »

« La folie c’est de se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. »

« Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover. »

« L’école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse et non de les former en spécialiste. »

“On ne peut pas résoudre des problèmes en utilisant la même façon de penser que celle qu’on avait quand nous les avons créés »

« La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information. »

«  C’est le rôle essentiel du professeur d’éveiller la joie de travailler et de connaître. »

“L’enseignement devrait être ainsi : celui qui le reçoit le recueille comme un don inestimable mais jamais comme une contrainte pénible.”

En anglais :

« Intellectual growth should commence at birth and cease only at death »

« The only thing that interferes with my learning is my education. »

“Imagination is more important than knowledge.”

“It’s a miracle that curiosity survives formal education”

“Education is what remains after one has forgotten everything he learned in school”

“Anyone who has never made a mistake has never tried anything new.”

“Everything should be made as simple as possible, but not simpler.”

“Common sense is the collection of prejudices acquired by age eighteen.”

“The important thing is not to stop questioning. Curiosity has its own reason for existing.”

“Do not worry about your difficulties in Mathematics. I can assure you mine are still greater.”

“Never regard your study as a duty, but as the enviable opportunity to learn to know the liberating influence of beauty in the realm of the spirit for your own personal joy and to the profit of the community to which your later work belongs.”

“Most teachers waste their time by asking questions which are intended to discover what a pupil does not know, whereas the true art of questioning has for its purpose to discover what the pupil knows or is capable of knowing.”

“Humiliation and mental oppression by ignorant and selfish teachers wreak havoc in the youthful mind that can never be undone and often exert a baleful influence in later life.”

“The aim (of education) must be the training of independently acting and thinking individuals who, however, can see in the service to the community their highest life achievement.”

“Teaching should be such that what is offered is perceived as a valuable gift and not as a hard duty.”

“In the teaching of geography and history a sympathetic understanding (should) be fostered for the characteristics of the different peoples of the world, especially for those who we are in the habit of describing as « primitive. »

Et puis, pour terminer, cet extrait un peu plus long :

“To me the worst thing seems to be a school principally to work with methods of fear, force and artificial authority. Such treatment destroys the sound sentiments, the sincerity and the self-confidence of pupils and produces a subservient subject.

It is, in fact, nothing short of a miracle that the modern methods of education have not yet entirely strangled the holy curiosity of inquiry; for this delicate little plant, aside from stimulation, stands mainly in need of freedom; without this it goes to wrack and ruin without fail. It is a very grave mistake to think that the enjoyment of seeing and searching can be promoted by means of coercion and a sense of duty. To the contrary, I believe that it would be possible to rob even a healthy beast of prey of its voraciousness, if it were possible, with the aid of a whip, to force the beast to devour continuously, even when not hungry, especially if the food, handed out under such coercion, were to be selected accordingly.”

Alors, votre choix ?

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