Je prépare mon cours avec Google

J’ai vu le diagramme joint à ce billet qui m’a, comme l’on dit, donné à penser. Je voulais en parler ici mais ce qui est sorti ‘est le texte ci-dessous. J’espère qu’il ne nuira pas trop à l’image de sérieux qui était, jusqu’à aujourd’hui celle de ce blog. De plus j’assume pleinement les médiocres qualités de ce texte, mes ambitions littéraires sont très limitées faute de moyens.

Je pense qu’Emile ne va pas être content, je sais tellement par coeur ce qu’il va dire que c’est comme si je l’entendais déjà! mais, ma foi, il faut bien vivre avec son temps et notre jeune collègue formateur a été très convainquant.

Pas de doutes, il est plus que temps que je m’y mette. C’est ce que les jeunes attendent d’un prof, non?. Le formateur nous a montré que ça n’empêchait pas de traiter le programme. L’idée c’est de faire un cours qui séduise les gamins sans lâcher l’essentiel. Il est temps d’abandonner les manuels vieillis et les photocopies grisâtres. Place au XXe siècle! cette année j’attaque Camus sur le Net. Je vais leur montrer que je ne suis pas aussi has-been qu’ils le croient. Web ils veulent, web ils auront.

1/ Camus sur Google. Un peu dur de s’y retrouver mais en passant  de Camus à Albert + Camus + étranger les 6 millions de sites sont devenus 270 000, c’est encore effarant mais presque raisonnable. Il est tout de même extravagant de voir que le premier site qui apparaît c’est celui de la wikipedia en anglais. Pour un auteur français c’est un peu fort, non ?

Pas question de me lancer dans une recherche sur Google pendant le cours. Manquerait plus que je me ridiculise en classe ! J’ai les adresses sur un bout de papier, je prépare le truc pendant la récré, et ensuite j’y vais tranquille. J’ai testé trois fois mes adresses, comme il l’a dit au stage « ne pas être en décalage avec ce que le professeur maîtrise ». Dont acte.  Enfin pourvu que l’ordinateur fonctionne!

2/ L’avantage de commencer ma vie avec Internet dans un cours sur Camus c’est que comme c’est que je connais sur le bout des doigts. Pas besoin  d’avoir plus que quelques références sous la main. Internet n’a rien changé à Camus que je sache! Je leur montrerai les trois sites les plus complets sur le TBI avec quelques commentaires de mon cru et je distribuerai une courte internetographie en fin de leçon pour les inciter à aller plus loin. Quoique…, ce serait bien la première fois que ça arriverait. Si un élève vient me voir demain pour me toucher un mot de ce qu’il a vu sur internet à propos de Camus je vais finir par croire au miracle technologique! Je cours pas un gros risque, n’est-ce pas ?

L’important surtout c’est qu’ils ne se lancent pas tout seul dans une recherche. Vincent m’a proposé d’utiliser la salle informatique. Il est gentil Vincent. Mais je ne me sens pas capable de surveiller tous les ordinateurs en même temps, et les gamins pourraient bien aller sur des sites un peu olé-olé. Ils sont tellement espiègles. Et puis un cours c’est un cours pas une séance de jeu en ligne. Comme l’a dit le formateur : « ne pas aller à l’encontre de ce qu’est le professeur ».

3/ Pour le plan je ne vois pas vraiment l’intérêt de revenir sur ce que j’ai fait l’an dernier et qui était très clair. Reste l’évaluation. Un petit QCM pour leur faire plaisir ? n’est-ce pas un peu démagogique ? Qu’est-ce que Jeanine va en penser ? Et les parents du petit Dugommier ? ne risquent-ils pas d’aller en toucher un mot au directeur ? D’un autre côté l’inspecteur a suggéré en réunion que le QCM pourrait éventuellement avoir des qualités pédagogiques. Puisque c’est lui qui le dit ce doit être vrai.

4/ Ne pas oublier de leur redire de se méfier de wikipedia.

Note : ça me rappelle mes débuts quand je faisais mes cours avec projection de diapositives. Quoique je ne me souvienne pas d’avoir jamais traité Camus à coup de diapos.

Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existés est probablement fortuite.

12 réflexions sur “Je prépare mon cours avec Google

  1. Finement observé, mon Tremeur ! On a eu l’idée étrange, voici trois ans, de me bombarder formateur TICE de mon Académie, avec les volets info et audio-visuel. Et bêtement, j’ai accepté… J’ai refusé de poursuivre l’année suivante et ne compte pas expliquer pourquoi.

    Ainsi, le texte de JP me semble émaner d’un petit démon de subtilité quant au désir louable de convaincre que tout est possible : Yes, we can.

  2. Désolé je ne voulais pas réveiller de douloureux souvenirs😉 D’un autre côté on doit avoir un peu les mêmes, c’est consolant à défaut d’être rassurant.

      • Je constate avec bonheur que l’électricité parvient jusqu’à ton marais. La pédagogie par contre y serait-elle embourbée ? (Rien de bien neuf sous le soleil, fut-il tropical, en somme).

  3. Désolé pour le délai indépendant des performances électriques.

    La pédagogie embourbée ? disais-tu. Je ne sais pas si le terme est adéquat puisque je parlais de collègues (adultes, en théorie)… Et non de mon public de djeunes, vis à vis duquel j’ai d’autres motivations dans un contexte qui est d’autant plus polyculturel que je me déplace loin et en des coins paumés, et partant plus éloigné de ce qu’on peut rencontrer au sein de l’hexagone et sans avoir le prestige de votre formation ou votre exercice.

    Donc si vous voulez mon avis sur le grand Oeuvre que vous promouvez à la sauce numérique en suivant les traces de Rousseau à nos jours via Pestalozzi, Fröbel, Decroly, Montessori, Dewey, Neill ou Makarenko sans oublier Claparède, Piaget, Wallon, Debesse ou Dolto, je préférerais vous exposer à toi et à Jean-Pierre le fond, éventuellement critique, de ma pensée sur vos écrits dans un mail personnel qui échappe aux commentaires. Bref, l’intention est là de vous répondre.

    Mais à vous de voir…

    PS : Tremeur, un membre de t a famille devrait pouvoir te donner mon adresse sans qu’un ridicule député divers droite ne s’interpose pour divulguer (ou plutôt badibulguer – comme dirait le concombre masqué) notre anonymat.

    • Ouais, le coup du name-dropping, ça en jette toujours… Note bien que j’étais sous l’influence d’une lecture récente : histoire du système éducatif en Que sais-je.

      Remarque également que je fais des commentaires sans citer mon blog par respect pour le vôtre.
      Je ne voudrais pas, quand vous faites oeuvre utile, que votre lectorat soit égaré par mes calembredaines. Amitiés.

  4. Mais je recommande chaudement la lecture de ton blog. Moitement plutôt. Un blog pas tropical, mais presque, où il fait bon musarder.

    Sinon, quant à ce « Que Sais-je », je ne l’ai pas lu mais te remercie de me le signaler. Un des auteurs de cet ouvrage à été à la création de ceci, si je ne m’abuse : http://www.demos.fr/Presse/Pages/institut-demos-nouvelle-offre.aspx
    Ce qui est somme toute assez instructif et tout aussi intéressant. Le monde de la formation est en mouvement.

    • Merci de recommander mon blog d’idioties. Je doute que cela contribue à l’édification des personnes désireuses de s’informer sur l’éducation, l’enseignement et la formation. Mais tout un chacun a le droit parfois de se détendre ou dans mon cas, à peu près, tout le temps.

      La référence exacte au Que sais-je ? est la suivante : Histoire du système éducatif de Vincent Troger et Jean-Claude Ruano-Borbalan.

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