Usages de TICE

André Tricot signe sur le site des cahiers pédagogiques un article qui ne pouvait que nous passionner à S2C. Une fois encore c’est l’efficacité des TICE (Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) en tant qu’outils d’enseignement qui est interrogée :

L’argument est généralement le suivant : l’école est améliorable (ou doit être améliorée) ; or, on utilise très peu les TICE ; donc, si on utilisait plus les TICE, l’école deviendrait meilleure. On voit tout de suite qu’il manque un terme à cet argument : la preuve que si elles étaient utilisées, les Tice amélioreraient l’école. Autrement dit, la preuve de l’efficacité et de l’utilisabilité des TICE.

La question tend à devenir triviale. Les élèves utilisent constamment des TIC qui ne sont pas encore TICE et ce de manière parfaitement enthousiaste et empirique. Les enseignants s’en servent aussi, quoiqu’avec nettement plus de modération et souhaiteraient en raisonner et limiter l’usage et si besoin le prohiber. Tout cela crée une tension chez les adultes entre les partisans du tout et ceux du rien. L’un des intérêts de l’article d’André Tricot est de poser la question en fonction des catégories de TICE et en montrant que selon l’usage et le contexte elles sont plus ou moins efficaces.

La typologie des TICE est celle établie par d’Erica de Vries ( Les logiciels d’apprentissage : panoplie ou éventail ? – Revue Française de Pédagogie, 137, 105-116), texte cité en référence et que vous trouverez ici. Le cours de l’article montre que certains usages sont assez bien documentés et qu’il est donc possible de tirer quelques conclusions à propos de leur efficacité, tandis que pour d’autres les données issues d’expérimentations sont insuffisantes. On ne peut que souhaiter voir se multiplier les études in situ qui seules permettront d’avoir une meilleure compréhension du potentiel des TICE en éducation. Si la question vous paraît importante je ne peux que vous recommander la lecture de l’excellent article d’André Tricot.

Cependant en le lisant il m’a semblé que certains points pourraient être considérés dans une autre perspective.

La distinction entre TIC et TICE est-elle pertinente ? :

Au sens large, les TICE sont des technologies de la communication que l’on peut utiliser dans des situations d’enseignement, mais qui n’ont pas été conçues spécifiquement pour cela. En ce sens, les stylos, les cahiers, les livres, les bibliothèques font partie des TICE.

précise A. Tricot.

Mais existe-t-il des TICE “indigènes”? Il me semble que tous ces objets que nous utilisons en classe sont nés dans l’entreprise et on été adaptés ultérieurement à un usage scolaire. Souvent il en reste des traces. Le Tableau Blanc Interactif en est un bon exemple.

Il est donc possible, pensable (?), d’imaginer que les TICE de demain sont actuellement utilisées sous la forme de vulgaire TIC en d’autres lieux que l’école : dans les salles de réunions, les laboratoires, les espaces ludiques,… Et, pourquoi pas, entre les mains de nos élèves dans des endroits aussi éloignés de la salle de classe que la cour de récréation? Quel est le potentiel pédagogique des téléphones portables et des smartphones, que penser de Twitter, Facebook, Netvibes,…

Ces derniers objets surtout me posent un problème. Dans quelle mesure peut-on ici parler de technologies? Probablement autant que les micromondes ou les simulations. A moins, finalement, qu’ils ne soient trop centrés sur l’usager s’excluant par la-même d’une logique d’apprentissage centrée sur l’enseignant. Sincèrement il me semble qu’il y a là matière à réflexions.

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