World of Warcraft à l’école

Trois articles relativement récents abordent sous des angles complémentaires l’utilisation des jeux dans la formation et l’apprentissage.

Le jeu et l’apprentissage c’est une vieille histoire d’amour, le jeu et l’école en est la face obscure. Quelque chose dans le caractère de la vieille dame lui interdit ce genre de frivolités et ça ne s’arrange pas vraiment avec l’âge. Pourtant le web ne cesse de mettre en évidence suggestions, idées, réalisations et autres expérimentations propres à nourrir notre désir de renouveler la pédagogie en empruntant des chemins mieux adaptés aux élèves. Voici trois exemples récents pris (presque) au hasard.

Dans World of Warcraft Video Game Succeeds in School

« What I’m deeply invested in is reinvigorating their intellectual life, » Steinkuehler told LiveScience. « I want kids to understand that games are intellectual and about problem solving, not that different from what scientists are doing in the real world. »

L’article signale que World of Warcraft est aussi utilisé par des parents qui scolarisent leurs enfants à la maison, pratique de plus en plus répandue aux Etats-Unis. C’est un moyen de stimuler leur curiosité tout en étant un autre lieu d’interaction sociale. Mais c’est aussi une façon différente d’aborder des sujets classiques :
« We know several kids who learned to read while playing these games, » Traaseth said. « If you want to classify some of the things we’re doing when we play World of Warcraft, the list could include math, reading, sociology, economics, creative writing and communications. »
Il est un peu tôt pour tirer des conclusions chiffrées de l’expérience de Constance Steinkuehler mais pour les chercheurs une chose déjà est acquise :
« …Steinkuehler has found the greatest success in following the interests of her students, rather than forcing educational content on them. »

Quels sont les ingrédients donc qui font que des jeux massivement multijoueurs à la fois un stimulant intellectuel et une activité gratifiante? C’est à cette question que tente de répondre Tom Chatfield dans une conférence TED : “7 ways games reward the brain“.

Il relève principalement :

  • la volonté de vaincre et de plaisir d’agir (et vice versa), mélange à la fois incitant et contraignant;
  • la mesure permanente des progrès effectués ;
  • le mélange d’objectifs à court et long termes ;
  • la récompense des efforts entrepris ;
  • une mesure rapide et claire des conséquences des actions entreprises ;
  • une dose d’incertitude ;
  • une stimulation de la mémoire et une augmentation de la confiance en soi ;
  • la collaboration entre individus.

Peut-on concevoir des activités pédagogiques sur les mêmes principes ? J’en ai parlé avec quelques élèves (secondaire supérieur) et il semble que certaines caractéristiques seraient facilement importables et grandement appréciées par les étudiants (par exemple « la mesure rapide des conséquences des actions entreprises » est plébiscitée !). Pour d’autres cela leur semble plus difficile (ils ont notoirement des difficultés à accepter l’idée que l’école puisse être un lieu divertissant). Enfin la dose d’incertitude leur semble inacceptable, peut-être ai-je abordé l’idée sous un angle un peu trop provocateur…

Utiliser le jeu pour apprendre et enseigner est une pratique pleine d’avenir. Si vous utilisez Google avec les mots clés “jeux sérieux éducation” le moteur vous renvoie plus d’un million de pages dont certaines venues de sites institutionnels. Le sujet est donc à l’ordre du jour. Il est cependant d’autres manière d’aborder le jeu sous un angle pédagogique. C’est l’une d’entre elles que nous signale Elisabeth Corcoran sur le site des éditions O’Reilly avec le billet “Gaming education”. Pratiquer les jeux vidéo est une chose, les concevoir en est une autre. C’est ce que propose le site Scratch. On peut  y concevoir et réaliser des jeux et laisser la communauté des joueurs apprécier le résultat.
“The first type of games were willing to entertain kids to keep them engaged — the « just-make-it-fun » school of thought. But any standup comedian will tell you how tough it is to keep people entertained for long. It’s even harder with kids who outgrow the « fun » of a game faster than most games can evolve.
The Scratch camp is more about empowerment. Scratch appeals enormously to kids who want to control their environment and be in charge. Those who build Scratch games get feedback from others when they post their games. They say they love the comments and feel great when hundreds of others play their games.”

Complète et socialement engageante, je pense que nous serons tous d’accord pour admettre le côté pédagogiquement complet de l’activité. Qu’en pensez-vous ?

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