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Affermer la formation

16 novembre 2010

Les réseaux d’échange de savoirs préfigurent-ils un nouveau modèle économique où l’enseignant devient travailleur indépendant?

Quelque soit le domaine il est très probable que vous disposez d’une connaissance, voire d’une expertise, susceptible d’intéresser quelqu’un. Curiosité ou besoin,  culturel ou utilitaire il existe en matière de savoirs une offre et une demande, donc un marché. Internet peut ici parfaitement  jouer le rôle de place du marché. C’est à ce potentiel que s’intéressent les étudiants de Science-Po sur cette page.

Une fois l’idée en route on s’aperçoit qu’il est possible de la décliner de multiples manières. Un premier champ d’action est celui de l’échange gratuit d’information. C’est probablement le plus en accord avec l’esprit Web 2.0 et l’économie de la gratuité. Une des dimensions où cette activité peut se déployer est de toute évidence la coopération Nord-Sud. Ceux qui ont eu la possibilité d’acquérir un savoir consistant dans les meilleures écoles ou université peuvent en faire bénéficier ceux qui pour des raisons économiques, sociales ou politiques en ont été privés. C’est ce que propose la fondation Partager le Savoir. Cette dimension solidaire ne saurait se réduire à des échanges internationaux.  Les possibilités ouvertes par une mutualisation des connaissances pour réduire les inégalités sont considérables.

Cependant si le savoir dont vous disposez est votre seul capital vous serez tenté de le valoriser sous la forme d’un revenu principal ou complémentaire. C’est ce que vous propose de faire le site ilumii. Il met à votre disposition des instruments de communication et met en relation offre et demande. Le demandeur de formation vous rémunère et Ilumii prend au passage une commission.

Y a-t-il un avenir pour cette activité? C’est la question que pose Stéphane Diebold sur son blog Learn Positive : la formation peut-elle se glisser dans le modèle économique des fermes-à-contenu? La question peut-elle être élargie jusqu’à la formation initiale?

Le public existe. Il est même nombreux et demandeur. Il va des parents souhaitant faire bénéficier leurs enfants de cours particulier jusqu’au retraité qui pense, à juste titre, qu’apprendre est bon pour la santé. Bien sûr on pense d’abord aux individus mais on peut aussi envisager des familles qui ne veulent ou ne peuvent mettre leurs enfanst à l’école, des entreprises ou même des établissements scolaires qui souhaitent proposer un enseignement spécifique et rare,… Le champ des possibles est vaste.

L’offre de formation est elle aussi importante et peut inclure des enseignants qui veulent travailler chez eux, des étudiants qui ont besoin d’une ressource financière complémentaire, des retraités dans la même position, à la limite, tout le monde peut être concerné, car la demande de formation concerne aussi tous les domaines de la cuisine au bricolage, de la physique à la littérature médiévale.

Si ce marché trouve son offre et sa demande un certain nombre de questions se poseront rapidement. Mais alors voici le formateur devenu travailleur indépendant, soumis à la précarité et à des conditions de travail difficiles. Le modèle économique peut être viable, mais une réflexion s’impose sur le modèle social. Allons- nous voir bientôt des enseignants se grouper en coopératives pour proposer, via internet, des formations de qualités à des conditions concurrentielles? Qu’en pensez-vous ?

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