Supprimer les notes ?

L’appel de l’AFEV demandant la suppression des notes à l’école élémentaire fait polémique et soulève questions et réactions. Là où l’on attendrait un débat technique argumenté on est forcé de constater que le discours politicien l’emporte. Un exemple caricatural avec la pétition de l’UNI.

Je ne pouvais pas ne pas saluer l’initiative prise par l’AFEV à la suite de la « Journée du refus de l’échec scolaire » : l’Appel pour la suppression des notes à l’école élémentaire dont on trouvera le texte ici et qu’il est possible de signer en ligne à la suite de nombreuses personnalités directement ou indirectement liées au monde éducatif. Il est aussi possible de lire ici le commentaire de Pierre Merle, l’un des premiers signataires.

Il y a peu mon directeur me faisait remarquer à quel point il était regrettable que les élèves ne travaillent que pour la note. Réponse évidente : pour quoi d’autre pourraient-ils fournir l’effort qui leur est demandé? Les enseignants utilisent la note pour rendre explicite à l’élève sa compréhension du cours ou son niveau de connaissance. Est-ce  ainsi que les élèves voient les choses? Rarement, plus souvent ils ne percoivent pas l’objectif poursuivi, la logique de la discipline  et ont le sentiment d’être soumis à l’arbitraire de l’enseignant. Dans le meilleur des cas la note est pour eux le salaire obtenu grâce au travail accompli. D’où fort sentiment d’injustice quand tout un dimanche après-midi a été consacré à un devoir qui, faute d’en avoir compris le sujet, ne leur rapportera qu’une note médiocre.

La note se teinte en outre d’une dimension affective que l’enseignant essaie bien souvent de refuser mais qui s’impose à l’élève. Ses parents l’attendent avec impatience puisqu’elle est le seul moyen par lequel ils peuvent savoir si leur enfant rencontre les exigences du système éducatif. Elle n’est plus appréciation d’une performance, mais une monnaie d’échange dont les tenants et aboutissants sont complexes et le mode d’attribution obscur. Elle finit donc par faire écran au but du travail entrepris, l’élève ne travaille que pour la note puisque le reste lui échappe.

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