« Intellectual capital ‘ranking’ of 40 countries », autour d’un livre de Carol Yeh-Yun Lin et Leif Edvinsson

Ce livre compare le potentiel intellectuel de 40 pays en relation avec leur économie. Il est peut-être possible d’en tirer quelques conclusions pour l’enseignement ici et maintenant.

Voilà un livre qui devrait plaire aux amateurs de classement : “National Intellectual Capital: A Comparison of 40 Countries”. Ecrit par deux auteurs suédois : Carol Yeh-Yun Lin et Leif Edvinsson c’est une étude très détaillée de la ressource intellectuelle d’une quarantaine de pays appartenant à différentes zones géographiques et relevant de situations économiques très diverses.

Le concept de capital intellectuel est indéniablement flou. Il réfère à la “société du savoir” et dans le cas de cet ouvrage encore plus précisément à celui d’ « économie de la connaissance ». Les auteurs s’attachent à la préciser et cherchent comment les nations produisent de l’intelligence et s’en servent pour augmenter leur prospérité. Pour les auteurs, dans le contexte économique actuel, seule la possession d’un capital intellectuel suffisant permet, non seulement de préserver la croissance de l’économie, mais surtout de la maintenir dans le futur. Parmi les éléments qui leur semblent significatifs et qu’ils ont retenu on trouvera : l’éducation, le développement des TIC, la recherche et développement, les échanges internationaux,…
L’éducation gagne ainsi peu à peu sa place dans l’économie. On pourra le déplorer au nom d’une vision humaniste de l’enseignement, il me semblerait cependant dommage de ne pas en tirer quelques conclusions. Si c’est surtout à travers l’enseignement supérieur et la recherche scientifique que le système éducatif participe à l’enrichissement du pays il est évident que les universités ne se remplissent pas toutes seules et que les enseignements primaires et secondaires jouent là un rôle essentiel.
La place de l’école dans la production de richesses paraît-t-elle plus claire? Il devient alors évident qu’il n’est plus possible de traiter le système éducatif comme un tonneau des Danaïdes budgétaire dont on s’efforcera, chaque fois que cela est possible, de diminuer le coût. L’efficacité du système éducatif reposant encore principalement sur le rôle des enseignants on voit bien qu’il est alors indispensable de soigner leur recrutement et leur formation. Encore faudrait-il adapter ces derniers aux besoins de l’économie et de la société du XXIe siècle. Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, il est évident que si l’on souhaite des enseignants de qualité il faut que ceux-ci puissent espérer des conditions de travail satisfaisantes et une rémunération adaptée à leur qualification.
Tout cela peut sembler évident, alors pourquoi en va-t-il différemment? D’une part, peut-être que beaucoup de décideurs n’ont pas encore intégré cette idée. D’autre part on ne voit pas bien, dans l’état actuel des choses, comment l’augmentation des dépenses éducatives entraînerait ipso facto une plus grande efficacité du système éducatif. Le problème n’est-il pas plus structurel qu’autre chose? Ni le recrutement des enseignants, ni le fonctionnement de la structure éducative ne sont adaptés au monde qui vient. Par sa culture, par la conception de son rôle, par son rapport à la société notre école appartient au passé et s’installe dans le déni de l’avenir. Il serait inexcusable de limiter la tâche de l’enseignement à la formation d’agents économiques. Il ne le serait pas moins de n’en tenir aucun compte au mépris de l’avenir des élèves.

Finissons sur note optimiste. Dans l’ouvrage de Carol Yeh-Yun Lin, Leif Edvinsson la France se classe en 15e position entre la Nouvelle-Zélande et Taïwan. Position honorable si l’on tient compte des résultats passables obtenus à PISA, de l’absence remarquée de ses universités dans les palmares internationaux et de la célèbre indigence des budgets R&D des secteurs publics aussi bien que privés. Les amateurs de classement devraient donc être satisfaits.

N. B. : ce billet s’est largement inspiré de cet autre, qui vous présentera plus en détail la méthodologie et le contenu du livre.
D’autre par si vous souhaitez aller plus loin vous trouverez dans Google Books les premières pages de l’ouvrage, contenant l’introduction, la table des matières et les tableaux les plus généraux.

2 réflexions sur “« Intellectual capital ‘ranking’ of 40 countries », autour d’un livre de Carol Yeh-Yun Lin et Leif Edvinsson

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s