Quelques nouveautés introduites par Internet et ce que cela change pour l’école – 1/ Tendances

Il n’est pas rare de voir les changements  introduits par internet réduits à une simple mutation utilitaire comme, par exemple, le remplacement de la plume par la machine à écrire. Nous sommes convaincus à solution de continuité qu’il s’agit d’un mécanisme d’une toute autre importance. Le cadre du blog ne convient pas à une grande synthèse, il semble cependant intéressant et opportun de revenir sur quelques changements introduits par le réseau et leur impact potentiel sur l’enseignement.

C’est maintenant un truisme : internet bouleverse notre monde, celui où nous vivions, où nous avions nos habitudes, dans lequel nous avons grandi. Les causes, les mécanismes et les conséquences font déjà l’objet de nombreux livres, articles, sites, vidéos,… il n’empêche, beaucoup d’entre-nous semblent avoir du mal à mesurer l’ampleur du changement et plus encore à concevoir que nous n’en sommes qu’aux prémices. Pourquoi ne pas revenir un instant sur quelques fondamentaux, histoire de poser le décor.

Internet est un réseau d’ordinateurs et de cables, le web un réseau de données et de flux, et ce réseau tisse le monde. Pour nous, simples utilisateurs, la distinction semble de peu d’importance. Mais si le web est notre terrain de jeu sur internet nous ne sommes pas seuls. Plus du cinquième des informations qui y circulent passent d’une machine à une autre, et ces informations sont essentiellement des données.
Celles-ci sont maintenant disponibles dans des proportions jamais atteintes et véritablement impressionnantes. On estime que 295 exabits d’informations sont aujourd’hui stockées dans le monde (1 exabits = 1,000,000,000,000,000,000 bits = 1 milliard de gigabits), et l’accélération est, dans ce domaine, à peine imaginable :

23 Exabytes of information was recorded and replicated in 2002. We now record and transfer that much information every 7 days.

Robert J. Moore
(voir aussi ici)

Cette quantité énorme de données représente une formidable source de richesse et de connaissances. Car elles sont, non seulement, entreposées mais aussi organisées, traitées et exploitées. Produites par les machines aussi bien que par les humains, elles sont collectées par Internet, les ordinateurs les assemblent, nous les interprètons. Cette surabondance n’est pas uniquement liée au réseau mais il y participe grandement. Un processus se déroule ici qui caractérise des propriétés, oriente des choix et induit des comportements. Il va dans les prochaines années jouer un rôle essentiel dans l’économie et dans les sciences et les techniques comme le dit ici Chris Anderson.

Une révolution se poursuit, celle de la numérisation. Après le texte, le son, l’image fixe et animée, le reste du monde se numérise de plus en plus rapidement. Le rôle qui se dessine pour les imprimantes 3 D, par exemple, montre clairement comment la production de biens est, elle-aussi, affectée par cette tendance (voir l’article de The Economist). Le docteur Martin Hilbert de l’Université de Californie du Sud , nous rappelle que ce n’est pas la première fois même à un horizon séculaire.

There have been other revolutions before… The car changed society completely, or electricity. Every 40, 50 or 60 years something grows faster than anything else, and right now it’s information.

Comme le dit Tim O’Reilly, ce qui n’est pas encore significatif quand on ne  dispose que de millions de données peut le devenir quand elles se comptent par milliards.

Un autre aspect fondamental du web est sa structure en réseau. Un réseau dont certains noeuds peuvent être, constamment, régulièrement ou occasionnellement, plus importants que d’autres, mais aucun d’entre eux n’est une impasse. Ce modèle identique à celui du téléphone nous éloigne radicalement de celui de la télévision, de la radio ou de la presse écrite. Mais à la différence du téléphone la présence des interlocuteurs n’est pas nécessaire pour qu’il existe une communication de l’information. Ce qui nous rapproche alors de l’écrit, livre ou presse, support de document pérenne, consultable immédiatement après sa production ou beaucoup plus tard.

Cet aspect fait, de ce que Francis Pisani appelle les webacteurs (Comment le web change le monde : L’alchimie des multitudes – Village mondial, 2008), des écrivains, des rédacteurs, des journalistes, des témoins…  La production de savoir, de connaissances et de culture est devenue réticulaire mais aussi potentiellement coopérative. Elle est aussi devenue quasi gratuite.

Cette production d’information, de données et de documents circule sur le réseau. Envoyée, diffusée mais aussi recherchée et recueillie elle alimente des flux variables. Si on compare ce mouvement en flux sur une trame réticulaire avec la dispersion radio-concentrique caractéristique des médias traditionnels, le changement saute aux yeux. L’opposition centre-périphérie disparaît, la dissémination aveugle est remplacée par l’individualisation, chaque noeud est cible mais peut aussi devenir relais.

Enfin, si chaque noeud est producteur d’informations, il est aussi porteur de données qui peuvent être recueillies et utilisées. Tout ce qui, sur le web, parle de nous, est collecté et conservé et peut servir, sur une simple requête, à l’information du reste du monde. Nous sommes aussi des ensembles de données.

(à suivre)

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