Suggestion pour une formation du citoyen adaptée à un nouveau contexte

Le système de valeurs sur lequel repose notre enseignement du civisme et de la démocratie n’a rien perdu de sa validité mais n’a plus la même pertinence dans le monde qui se met en place. Il est temps de préparer nos élèves à penser ce qui sera demain le politique. La proposition ci-dessous n’épuise pas le sujet mais propose simplement une voie possible d’actualisation.

La formation du citoyen tient une place importante dans les objectifs de l’éducation. Il ne s’agit pas seulement d’expliquer les mécanismes de la République et de la Démocratie, c’est aussi former un individu libre et autonome, lui proposer des instruments de compréhension du monde dans lequel il vit. Plusieurs disciplines peuvent concourir à cette éducation de l’honnête homme : la philosophie, la littérature et l’histoire, pour ne citer que les plus évidentes.
Internet est-il susceptible de modifier notre perspective sur ce sujet? C’est, bien sûr, plus du côté des pratiques de communication que des méthodes pédagogiques que l’actualité nous invite à regarder. Lire la suite

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Umberto Eco vs. Steve Jobs : comprendre le passé, ou anticiper le futur ?

Umberto Eco cumule avec sérénité deux vies. D’un coté celle de l’universitaire, produisant des ouvrages de très haute tenue aussi absconds qu’érudits et réservés à un public restreint. De l’autre  le personnage public, charmant et charmeur, écrivant des best-sellers internationaux, pétillant d’esprit et faisant montre d’une formidable érudition sans pourtant produire l’écoeurement chez ses lecteurs et auditeurs. Une sorte de sage qu’on consulte sur à peu près tout, car il peut parler doctement d’à peu près tout. Il se prête au jeu avec bonhomie sur les places publiques ou sur les plateaux de télévision, jouant son rôle de professeur avant tout,  veste en tweed et noeud papillon en prime.

L’homme sait à raison ne pas confondre profondeur et gravité, il n’hésite pas au besoin à avouer avec humours ses amours coupables pour les téléfilms policiers entre une citation de Boccace ou une allusion à Thomas d’Aquin. Il sait aussi que son statut lui permet à peu près tout tant la vénération qu’on lui porte est grande et justifiée, car il sait aussi qu’il peut s’attendre légitimement à figurer au panthéon des hommes illustres : un nom en plus sur ces listes qu’il affectionne tant, après Manzoni ou Levi.

En somme, il est l’incarnation de l’humaniste dans sa version XXIe siècle, un survivant comme George Steiner d’une certaine espèce d’intellectuels, peut-être en lente voie d’extinction, qui sait ?

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Repenser l’école

Vu sur le blog d’André Giordan un billet qui ne pouvait que nous intéresser : « Comment repenser l’école ? » . Ce qui suppose hardiment que la question “Faut-il repenser l’école ?” a déjà reçu une réponse positive. Pour nous, nous en sommes convaincus mais cette conviction semble n’être pas encore universellement partagée… Cela étant dit j’adhère entièrement aux propos tenus dans ce billet. Depuis l’ampleur des défis qui nous sont posés :

Notre société est face à une série de défis -voire de périls- qu’elle doit tenter de surmonter au plus tôt et où l’école a son rôle à jouer

jusqu’au nécessaire changement d’attitude des enseignants face aux savoirs et à leur diffusion, en passant par le décalage entre ce qui est enseigné et ce dont un adolescent a besoin aujourd’hui :
« Neuf dixièmes des connaissances que les élèves auront à maîtriser au cours de leur vie n’ont pas encore été produites. Leur importance est devenue telle qu’il est hors de question de pouvoir apprendre une telle masse de savoirs. Le temps scolaire ne pouvant suivre cette évolution exponentielle, des choix drastiques sur les contenus actuels sont à faire. La priorité est donc d’apprendre aux élèves à gérer ces connaissances par eux-mêmes. Ce turn-over de données demande des individus constamment à l’affût. L’élève doit acquérir des méthodes pour accéder aux informations, les trier, les mobiliser à bon escient ou encore pour évaluer leur pertinence et leur plausibilité par rapport aux problèmes à traiter ».


Mais, arrivé au cœur de la question, la conclusion du billet d’André Giordan me laisse un peu sur ma faim. Qu’il faille plus d’autonomie dans l’acquisition des savoirs sans que, pour autant, la figure du professeur doive s’effacer me semble une réponse modeste et ouverte à de nombreuses interprétations. Personnellement j’aurais aimé quelques propositions plus ambitieuses. S2C n’ayant pas la couverture médiatique d’André Giordan nous avons aussi la possibilité de tenir des propos qui paraîtront sans doute excessifs aux gens sérieux. Osons donc…. Lire la suite