Web 2.0 + éducation = éducation 2.0 ?

Le web 2.0 est une pratique que soutiennent des technologies, par sa nature cependant elle se prête mieux à certaines démarches pédagogiques. Comme dans le cas des TICE c’est l’intention pédagogique qui est essentielle. Le moment est peut-être venu d’utiliser le web 2.0 pour un enseignement centré sur l’élève.

Le web 2.0 fait l’objet de beaucoup d’attention ces temps-ci. Le Café pédagogique lui a consacré il y a peu de temps un dossier très bien documenté, dossier qui s’ouvre sur un sondage instructif à plus d’un titre. On y voit que les outils préférés des enseignants sont la liste de diffusion et le blog, qui ne sont pas forcément ceux qui recueillent les suffrages de leurs élèves.

Autre perspective : le relativement faible nombre de participants (443). A considérer la typologie des lecteurs du Café on est forcé d’admettre que c’est peu. Aussi lire que 55% utilisent Facebook et 17% Twitter pour leur usage personnel donne des valeurs absolues modestes : respectivement 244 et 75. Le web 2.0 se développe chez les enseignants, certes, mais on est encore loin du raz-de-marée.

Un rapide tour d’horizon des usages pédagogiques étiquetables “web 2.0” met en évidence deux tendances.

D’une part la diffusion d’information entre l’enseignant et ses élèves. Le professeur s’appuie sur la possibilité de personnaliser la diffusion (Twitter, SMS,…) ou sur l’affichage permanent avec possibilité de dialogue (Facebook), comme pour les  forums, en plus léger.
D’autre part la communication entre élèves est rendue plus facile et pus rapide. Cet aspect concerne des outils comme Etherpad, Google docs, etc. Les élèves travaillent ensemble, échangent des informations, construisent des documents communs sans être forcément au même endroit, sans être contraints par l’horaire de l’établissement scolaire. L’enseignant peut contrôler le déroulement des travaux, stimuler, encourager et aider. Les élèves pratiquent déjà ce style d’activité avec MSN et Facebook, la formation est donc, sauf exception, réduite au minimum et la phase opérationnelle ne demande pas de délai.

Les outils Web 2.0 se révèlent donc utiles et encouragent une pédagogie plus active. Là aussi, comme pour le TBI, c’est l’intention pédagogique qui fera la différence. Envoyer à un groupe d’élèves le travail à faire pour demain via SMS, ce n’est qu’une autre façon de remplir le cahier de texte à leur place. Les inciter à travailler ensemble avec ces outils c’est déjà mieux. L’idéal en la matière étant peut-être de concevoir des travaux qui ne peuvent se réaliser qu’en mode coopératif  et intégrer la qualité de la méthode et la démarche dans l’évaluation.

Je ne suis pas certain, cependant qu’on ait atteint là une limite indépassable .

Au lancement de Facebook, iGoogle ou Netvibes  vous y trouvez des informations adaptées à vos besoins, des sources filtrées en accord avec une cohérence : vous ! La logique du web 2.0 présente au moins deux dimensions, celle de la participation individuelle et de la mutualisation d’une part, celle l’individualisaton d’autre part. Pour l’instant ce que l’on fait en éducation ne correspond qu’à une partie du premier axe. une logique push du centre vers la périphérie, cette dernière faisant circuler les informations, les augmentant, les ordonnant et éventuellement faisant remonter tout ou partie du produit vers le centre
Est-il possible d’envisager de développer le second ? Peut-on proposer aux élèves un interface qui lui offre des ressources de formation correspondant à ses besoins personnels? un fil RSS, un blog, une page du site de l’établissement, etc.  lui permettant :

  • de suivre l’évolution des groupes de travail auxquels il participe ;
  • de connaître les horaires et contenus des cours qu’il a besoin de suivre ;
  • de savoir où, quand et sur quel sujet aura lieu la prochaine leçon d’un enseignant dont il apprécie le travail ;
  • de correspondre avec un enseignant ou une personne ressource extérieure à l’établissement et qui l’aide dans son travail scolaire ;
  • de participer à un groupe de soutien mutuel entre élèves de différents établissements..

Le web 2.0 au service de l’élève.

Évidemment ce style de fonctionnement requiert une pédagogie où l’élève est acteur de sa formation. Il n’est pas obligatoire que cela transforme ipso facto tous les élèves en apprenants motivés et actifs, au moins est-ce une ouverture sur la possibilité matérielle d’une démarche différente plus en accord avec les ressorts des “digital natives” et mieux à même de les préparer à demain.

Quel est alors le rôle de l’école et de l’enseignant. Bien sûr mettre l’élève en contact avec le web 2.0, ses fonctionnements et ses outils. Génération Y ou pas, l’expérience quotidienne montre qu’ils sont pathétiquement ignorants de l’étendue des possibilités offertes. Ce n’est pas choquant, l’école, qui reste la principale source d’information de la jeunesse, tient avec rigueur tout son petit monde à l’écart de la chose. L’utilisateur de Facebook sent bien qu’il y opère aux limites de la légalité. Pourtant il y a un peu urgence à s’occuper de donner aux élèves, non seulement les outils, mais aussi un mode d’emploi rationnel et efficace : montrer quels sont les sites utiles, comment on s’en sert et pour quoi faire.
L’autre tâche nouvelle des professeurs serait d’aider les étudiants à faire le point sur leurs connaissances et leurs besoins. Travail d’orientation et d’exploration qui permettra d’établir les relations indispensables entre des champs de connaissances dispersés et des savoirs éparpillés autour d’un but.
En outre on pourra lui proposer des groupes de travail, lui offrir une base d’exercices d’auto-évaluation, des adresses de cours à distance,… et puis le laisser accroître par lui-même ce pécule initial.

Cette perspective est-elle vraiment aussi utopique que vous le pensez? Pas vraiment. Les technologies de l’information et de la communication permettent d’envisager de rendre tout cela concret et opérationnel. C’est un peu ce que fait aux Etats-Unis (NYC) “The School of One”, chaque élève y reçoit quotidiennement un programme adapté à ses besoins et à ses capacités.

To achieve this mission, School of One re-imagines the traditional classroom model.  Instead of one teacher and 25-30 students in a classroom, each student participates in multiple instructional modalities, including a combination of teacher-led instruction, one-on-one tutoring, independent learning, and work with virtual tutors.

L’ensemble de la formation fait alterner leçons, eLearning, tutorat et conseils personnalisés. Un premier essai sur la voie qui mène à une forme d’enseignement 2.0? Qu’en pensez-vous ?

Une réflexion sur “Web 2.0 + éducation = éducation 2.0 ?

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