ENT (Espace numérique de Travail)

Les ENT (Espace Numérique de Travail) prennent leur place a un rythme soutenu dans le paysage scolaire français. Face à l’arrivée du numérique le système éducatif et l’administration ont réagi assez vite en se dotant d’outils nouveaux. Les anciens se souviendront qu’ils avaient déjà fait preuve de dynamisme au moment de l’arrivée du Minitel. L’enseignement commençait d’en tirer quelques applications pédagogiques quand l’objet a disparu des écrans radar, l’administration l’avait, elle, bien intégré. Lire la suite

Publicités

Une bouffée d’oxygène dans le management des établissements scolaires ?

Tout le monde est d’accord pour dire que l’efficacité de l’enseignement en classe réside principalement dans l’enseignant, son rapport avec les élèves, ses qualités pédagogiques,… Cet enseignant est d’autant plus efficace qu’il jouit d’un environnement favorable, et le chef d’établissement est la pièce maîtresse qui l’organise. Ceci n’est pas qu’élément de doctrine. Au cours d’une longue carrière j’ai croisé des principaux et des proviseurs dont les talents de manager étaient de qualités diverses. Malgré des contraintes administratives rigides certains soutenaient voire créaient le dynamisme des équipes d’enseignants et entretenaient une atmosphère agréable dans l’établissement scolaire. D’autres, au-contraire, s’appuyaient sur ces mêmes contraintes pour mettre doucement le collège ou le lycée à la panne. Les pires réussissaient en peu de temps à ruiner une ambiance de travail, une dynamique pédagogique et ne stimulaient chez les enseignants que le seul espoir d’obtenir une mutation. Lire la suite

Quelques nouveautés introduites par Internet et ce que cela change pour l’école – 3/ Enseigner

Face à ce qui est plus un changement de société et d’économie que la simple apparition d’un nouvel outil comment doit se comporter l’école? Quelques idées sur le comment et le quoi enseigner.

Un monde nouveau se dessine. Il ne pourra pas plus que les précédents se dispenser de former les jeunes. La situation qui fut à l’origine de l’école que nous connaissons se présente de nouveau aujourd’hui. Il faut d’une part former des agents économiques adaptés à un nouveau contexte et de l’autre leur donner les moyens de comprendre le monde et d’y tenir leur rôle de citoyen.

La 2e partie de ce (trop) long billet posait qu’internet est le support d’une révolution industrielle en cours. Quelque soit le métier que nos élèves exerceront ils seront liés au réseau. Leur place dans la société aussi bien que leur activité civique passeront aussi par internet. Plus qu’un simple outil celui-ci tend à devenir un aspect de la réalité, une facette du monde. C’est donc à au moins deux titres que l’enseignement doit considérer la toile : d’une part comme outil de formation, d’autre part comme objectif, former les futurs habitants de ce nouvel environnement. Lire la suite

Que peut signifier plus d’autonomie pour les établissements scolaires?

Laisser plus d’autonomie aux établissements scolaires représente une rupture avec la tradition de la fonction publique. Et si c’était la meilleure voie disponible pour sauver le service publique d’enseignement ?

S’il s’agit bien d’une idée de gauche, le concept d’autonomie « est devenu, dans le monde de l’éducation nationale, un concept qui fait débat, dessinant des clivages. Il est  largement défendu par la majorité présidentielle actuelle », écrit le blog Educde La Provence. En revanche, ce concept est combattu « par un grand nombre de syndicats d’enseignants et les délégués éducation des partis d’opposition ».

En annonçant en catimini l’extension du « programme Clair », qui confie une grande autonomie de gestion aux établissements, à plus de 2 000 collèges et écoles à la rentrée 2011, le gouvernement s’est attiré les foudres de la blogosphère.

Sur Marianne2, Francis Daspe et François Cocq, deux militants de gauche, proposent une analyse intitulée « Lautonomie se situe au cœur même de lidéologie néolibérale« . Pour eux, confier des pouvoirs au niveau local, c’est faciliter « l’ingérence des pouvoirs locaux et des intérêts privés (élus, chefs d’entreprise et notables de tout ordre) dans le fonctionnement de l’école ».

la Toile de l’éducation du Monde (19/1/2011)

L’autonomie n’est pas simple. Tremeur l’avait déjà montré en abordant la question, ici, dans ce blog.

Appliquée aux élèves elle pose plus de questions qu’elle n’apporte de solutions. Appliquée aux établissements ça devient un sac de noeuds. La question, telle qu’elle se présente sur la Toile de l’éducation n’est pas de savoir si c’est efficace ou pas, ce qu’on peut en attendre ou en craindre, c’est de savoir si c’est ou non de gauche.

L’idée de base semble être que si cette idée plaît au gouvernement elle est forcément de droite. La dessus il suffit de lui accoler l’étiquette néo-libérale et son compte est réglée. L’autonomie n’est plus qu’un instrument grâce auquel les établissements scolaires seront livrés sans défense au Grand Capital pour lui fournir un contingent de  prolétaires pré-asservis.

Est-il possible d’envisager les bons et les mauvais aspects de la question, de naïvement poser le problème d’une manière différente? Lire la suite

ECLAIR, nouveau type d’établissement, nouveau style de direction?

Par la création des Eclair le Ministère de l’Education nationale cherche à diversifier son offre pédagogique en fonction des publics. Cependant en renforçant le rôle du chef d’établissement au détriment de celui de l’équipe pédagogique, elle n’a peut-être pas fait le meilleur choix de modèle managérial.

Nouvel objet pédagogique dans le ciel mouvementé de l’Éducation nationale : l’Eclair (Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) risque de nous valoir une avalanche de calembours de qualité variable, une polémique de la plus belle eau et une intéressante vague de protestation. Ces établissements représentent une rupture sans précédents récents dans l’architecture de l’enseignement français : recrutement des enseignants par le chef d’établissement, évaluation et avancement des professeurs fonction de leur investissement, poste de préfet des  études, liberté d’aménager l’emploi du temps et les enseignements (article du Monde).  Lire la suite

Affermer la formation

Les réseaux d’échange de savoirs préfigurent-ils un nouveau modèle économique où l’enseignant devient travailleur indépendant?

Quelque soit le domaine il est très probable que vous disposez d’une connaissance, voire d’une expertise, susceptible d’intéresser quelqu’un. Curiosité ou besoin,  culturel ou utilitaire il existe en matière de savoirs une offre et une demande, donc un marché. Internet peut ici parfaitement  jouer le rôle de place du marché. C’est à ce potentiel que s’intéressent les étudiants de Science-Po sur cette page.

Une fois l’idée en route on s’aperçoit qu’il est possible de la décliner de multiples manières. Un premier champ d’action est celui de l’échange gratuit d’information. C’est probablement le plus en accord avec l’esprit Web 2.0 et l’économie de la gratuité. Une des dimensions où cette activité peut se déployer est de toute évidence la coopération Nord-Sud. Ceux qui ont eu la possibilité d’acquérir un savoir consistant dans les meilleures écoles ou université peuvent en faire bénéficier ceux qui pour des raisons économiques, sociales ou politiques en ont été privés. C’est ce que propose la fondation Partager le Savoir. Cette dimension solidaire ne saurait se réduire à des échanges internationaux.  Les possibilités ouvertes par une mutualisation des connaissances pour réduire les inégalités sont considérables.

Lire la suite

24/7

Les outils de communication ont lentement dissous la séparation entre vie privée et vie professionnelle, parfois jusqu’à l’excès, parfois pour notre satisfaction.  Pouvoir travailler loin du bureau c’est aussi voir ses enfants rentrer de l’école, interrompre un bain de soleil pour s’entretenir avec un collègue ou mettre sur le réseau une idée neuve et reprendre ensuite le farniente là où on l’avait laissé, c’est surtout se débarrasser d’interminables heures de transport qui font perdre un temps invraisemblable, abaisse la productivité, contribuent à l’effet de serre et nous rendent malheureux.
Le moment vient où l’éducation s’engage dans la même voie. C’est d’autant plus légitime qu’on ne voit pas bien pourquoi l’activité d’apprentissage se déroulerait dans l’environnement d’un établissement scolaire, dans le cadre austère d’une salle de classe, devant un unique professeur et dans la plus parfaite indifférence aux rythmes biologiques et aux motivations individuelles des uns et des autres. La demande d’une école ouverte toute la journée et toute la semaine se dessine à l’horizon, une école où la présence de l’élève n’est requise que de temps à autre.
Le rôle de l’école en tant que lieu unique de formation peut, sous réserve d’inventaire, être justifié par deux fonctions :
  • Rapprocher les apprenants d’une ressource rare : le savoir. En fixant l’enseignant en un lieu unique on peut, à moindre frais, offrir à plusieurs apprenants une source de connaissance, un spécialiste de l’apprentissage et des moyens techniques liés à la fonction. C’est économiquement viable, mais il y a un coût pour l’individu comme on l’a vu ci-dessus ;
  • Isoler l’élève d’un monde riche en distractions afin de fixer son attention sur l’acquisition de connaissances. On reconnaît là une idée qui court tout au long de l’histoire de la culture : ce n’est que dans le retrait du monde que peut s’élaborer la pensée ; Pythagore, le moine médiéval et l’intellectuel contemporain témoignent tous de ce besoin. Cependant un enfant ou un adolescent s’inscrit mal dans ce schéma. S’il lui faut effectivement un temps de retrait pour faire, sous la direction d’un adulte, le point de ses connaissances,  leur acquisition peut, avec profit, se faire dans un environnement ouvert. Il semble même que la mise en œuvre, la confrontation et l’expérimentation sont plus efficaces quand il est question de comprendre et mémoriser que la situation passive dans une salle de classe. Si l’on considère le milieu socialement actif dans lequel vivent les jeunes une heure de cours s’apparente rapidement à une expérience de privation sensorielle.
Pour faire court on dira que ça marche pour le monastère ou la caserne mais que c’est d’une efficacité limitée dès qu’il est question de découvrir le monde.
Il sera donc de plus en plus question de « pédagogie embarquée » Voir la définition sur le blog de Jean-Paul Moiraud, blog vivement recommandé à ceux que le sujet intéresse. La question n’est plus vraiment de savoir si l’école s’y dissoudra, on voit que le processus est en cours, mais jusqu’où ira cette évolution et de quelle manière elle s’opérera.
Le problème des moyens techniques n’en est plus vraiment un. Tout le monde voit comment le téléphone portable, la tablette PC ou l’iPad, sont des outils propres à favoriser cette forme d’enseignement. Les stratégies pédagogiques poseront quelques problèmes. La réflexion ouverte par le site Eutice de l’INRP se réfère d’une manière séduisante au «bricolage pédagogique» tel que le présente Philippe Perrenoud. L’e-learning a, de son côté, acquis une incontestable expérience qui pourra servir de source d’inspiration.
Il me semble, par contre, qu’il n’y a aucune réflexion avancée en ce qui concerne le statut des établissements scolaires. Disparaîtront-ils complètement au profit de centres de formation plus ou moins locaux? ou serviront-ils encore de points d’appui pour rassembler les adolescents à l’occasion de sessions de formation quotidiennes, hebdomadaires? Des entreprises , de celles qui commencent à proposer du soutien nomade, trouveront-elles là une niche écologique? Il est certain que le marché existe même s’il est, pour le moment, plus celui de l’équipement que de la formation.
Reste un dernier point. Celui des enseignants. Il est évident que le passage à une forme d’enseignement 24/7 changera plus que l’approche didactique. La relation à l’élève s’en trouvera bien évidemment, modifiée, mais aussi la définition du temps de travail.
Combien de temps reste-t-il avant que cette tendance s’affirme avec un réelle insistance? 3 ans, 5 ans? Ne serait-il pas temps que l’Éducation nationale propose des formations allant en ce sens? Pourquoi pas sur Second Life. Qu’en pensez-vous?